130 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1790, 1797.enfin il mit également garnison, le 25 décembre, dans celui de Ber-game. Ce n’était encore qu'une lutte de politique armée, dont une tra-hison exécrable devait bientôt changer la forme. Dans l’espoir d’attirerles Français au fond de l’Italie , la cour de Rome, soutenue par les pré-paratifs de la cour d’Autriche et les assurances de son ambassadeur ,avait jeté le masque et rompu le traité de Bologne . Cette étrange ma-nière de faire la guerre n’était pas sans inconvénient pour les Français ,qu’elle obligeait à se répandre jusque sur les bords du Tibre . Le 6 jan-vier, quatre mille Italiens et trois mille Français occupèrent Bologne :les deux états de Yenise et de Rome appuyaient, l’un sa conspiration,l’autre sa rupture, sur les forces considérables d’Alvinzi et de Wurmser.Alvinzi avait soixante-seize mille hommes au drapeau, et Wurmservingt-cinq mille àMantoue. Le pape armait dans la Romagne, pourdonner la main à Wurmser quand il serait débloqué. L’idée de ce pro-jet se trouvait indiquée dans une lettre saisie sur un agent de la courde Tienne, au moment où il franchissait le dernier poste de l’annéede blocus. Cette lettre , que l’empereur avait écrite au feld - maréchalAlvinzi, était adressée ainsi, de la ville de Trente, par ce dernier aufeld-maréchal Wurmser, le 13 décembre 1790 :
« Je m’empresse d’avoir l’honneur de transmettre à Y. Exc., littéra-lement et dans la meme langue que je les ai reçus, les ordres de S. M.,en date du 5 de ce mois (décembre) :
«Tous aurez soin d’avertir sans retard le maréchal Wurmser....pour ne pas discontinuer ses opérations. Tous lui. ferez savoir que j’at-tends de sa volonté et de son zèle qu’il défendra Mantoue jusqu’il touteextrémité; que je le connais trop, ainsi que les braves officiers géné-raux qui sont avec lui, pour craindre qu’il ne se rende prisonnier, sur-tout s’il s’agissait de transporter la garnison en France , au lieu de larenvoyer dans mes états. Je désire que, dans le cas où il fût réduit àtoute extrémité et qu’il se trouvât sans ressources pour la subsistance,il trouve les moyens, en détruisant autant que possible ce qui dansMantoue serait de préférence utile à l’ennemi, et en emmenant la par-tie des troupes qui sont en état de le suivre, de gagner et de passer lePô, de se porter à Ferrare et à Bologne, et de se rendre, en cas clcbesoin, vers Rome ou en Toscane . Il trouvera de ce côté très-peu d'en-nemis , de la bonne volonté pour /’approvisionnement de scs troupes, pour le-