138 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1798, 1797.qu'à son dernier morceau de pain. Je pars à l’instant pour passer lePô, et je marche sur Rome . Vous connaissez mes intentions; allez lesdire à votre général. » Frappé de cette générosité, et pénétré de re-connaissance pour les conditions honorables que Bonaparte venaitd’accorder, l’aide de camp convint qu’il n’y avait plus de vivres àMantoue que pour trois jours, et partit. Wurmser, vivement touchédes procédés du général français, lui lit offrir de passer le Pô à Man-toue; mais Bonaparte refusa de profiter sitôt de la position malheu-reuse de son ennemi.
Le 2 février 1797, AVurmser remit au général Serrurier la ville deMantoue et sa garnison de treize mille hommes ; il y avait sept millemalades dans les hôpitaux. Indépendamment de l'artillerie de siègedont l’abandon avait précédé la victoire de Castiglione, on trouva dansla place trois cent cinquante pièces. La magnanimité de Bonaparte futcomplète : il voulut épargner au vieux maréchal le chagrin de remettreson épée aux mains d’un aussi jeune capitaine, et se déroba à ce spec-tacle. Cette conduite étonna également l’Europe, la France et le direc-toire. Un pareil désintéressement de la victoire plaça bien haut dansl’estime générale celui qui savait se contenter de vaincre, et qui n’ac-ceptait de la guerre que ses périls. Bonaparte allait conquérir la terrequi avait produit les Scipions .