Band 
Tome premier.
Seite
139
JPEG-Download
 

CHAPITRE VIII.

Du 2 au 19 février 1797.

Guerre du pape. — Traité de Tolentino.

La reddition de Mantoue au général Serrurier ne fut, grâce à la mo-dération de Bonaparte , que la cérémonie sans éclat d’un immorteltriomphe, et 'NVurmser n’eut pas le chagrin de défiler prisonnier à latète de sa garnison, devant son vainqueur. Peu de jours après, ildonna à Bonaparte une preuve signalée de sa reconnaissance, en l’aver-tissant d’un complot d’empoisonnement ourdi contre lui dans la fioma-gne où nous portions nos armes. Sans cet avis nécessaire, le destruc-teur de quatre armées autrichiennes en Bataille rangée pouvait périrobscurément de la main d’un fanatique ou d’un assassin. La nouvellecampagne ne fut ni longue ni glorieuse : les rencontres avec les troupesdu pape n’offrirent aux soldats français que de simples exercices mili-taires. Aussi le général en chef ne réservait au saint-siège, pour prix deses trahisons, qu’une vengeance purement politique et administrative.

Un traité d’armistice avait été signé le 23 juin 1796, à Bologne , parle marquis Gnudi, plénipotentiaire du pape, le général en chef Bona-parte , les commissaires civils Garreau et Salicetti , et enfin, sous lamédiation de l’Espagne , par le chevalier d’Azzara, ministre de cettepuissance auprès du saint-siège. Il avait été ratifié par Sa Sainteté, àBorne, le 27 du même mois. Dès le 13 novembre , l’ambassadeurfrançais Cacault se plaignit de la non-exécution de ce traité ; mais bien-tôt il trouva l’occasion d’être éclairé sur les véritables intentions de lacour de Borne, dans un manifeste que le ravitaillement de Mantoue