iU HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1707.
ont comblé les vallées, et aplani les rochers les plus escarpés ! Ce mêmeColli vient vous guider, non pas à des combats incertains, mais à unevictoire immanquable. Il est Italien comme vous ; il vous aime tendre-ment. Il a en vous une entière confiance, et a toutes les raisons del’avoir plus qu’on ne le voit communément.
« C’est à vous maintenant de ne pas le démentir, de ne pas compro-mettre votre honneur et le sien, mais d’ajouter encore de nouveauxlauriers à ceux qui ceignent déjà scs cheveux blanchis au milieu descombats et des armes. L’honneur qui vous est commun avec lui, exige(pie vous le regardiez comme un autre César, afin que, par. vous, ilpuisse venir, voir et vaincre. Tous êtes trop heureux de pouvoir l’espé-rer avec tant de certitude.
« Aidés par la main puissante du Dieu des armées au nom duquelvous répandrez, s’il le faut, votre propre sang, pourriez-vous craindreun ennemi rusé et vil, qui est l’ennemi de Dieu lui-même aussi bienque des hommes, et qui, jusqu’à ce jour, a mis sa confiance dans lafraude, les trahisons, les excès, les bravades, plutôt que dans la véri-table valeur militaire? Vous qui combattrez sous l’image meme de cetteVierge qui vous a excités à cette entreprise, pourriez-vous douter deson amoureuse et efficace protection? Vous, généreux chevaliers, quiportez dans vos enseignes le signe éclatant de la croix, ne voudrez-vouspas vous prédire et croire assuré par les décrets du ciel, que de mêmeque Constantin le Grand vainquit le tyran Maxence par la vertu de cesigne, qui lui apparut divinement au pont Milvio, et qui, par unetelle victoire, établit dominante la religion catholique dans la capitaledu monde et dans le monde entier, vous, ainsi que lui, protégés parce signe salutaire, vous triompherez d’ennemis plus impies et plusféroces ; et vous maintiendrez sacrée et inviolable la même religion dansRome, dans l’Italie , et partout où il a plu à son auteur, au Verbeincarné, de la propager?
« Eh! votre visage ne brille-t-il point de joie? Votre cœur ne sedilate-t-il point à cette douce pensée, que la divine Providence vous achoisis pour un si grand œuvre? Que les Romains, les enfants bien-aimés de la religion romaine, de la sainte religion catholique, en soientle soutien le plus puissant et le plus inébranlable !
“ Courage donc! ne craignez rien. Aux armes' Nous tous qui reste-rons dans nos maisons, nous n’y resterons pas indifférents sur votre