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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 145

sort . Nous ne cesserons pas de fournir à vos besoins : rien ne vous man-quera. Nous offrirons de ferventes prières au Très-Haut, afin qu’ildirige vos coups vers un but immanquable : alors vous serez pleins deconfiance qu’avec de tels secours divins et humains vous remporterezle triomphe le plus prompt et le plus signalé : nous serons empressés devenir à votre rencontre et de vous ramener sains et saufs et triom-phants aux lieux qui vous ont vus naître, afin de rendre ensemble à cemême distributeur de tous biens ces actions de grâces que saura nousinspirer l’épanchement de notre cœur reconnaissant. Dieu est en Israël :les Josué et les Gédéon ressusciteront parmi nous. Ne craignez rien.Aux armes! aux armes! »

Le général Bonaparte répondit à cette étrange déclamation de lahaine et de la mauvaise foi par cette courte proclamation : « L’arméefrançaise va entrer sur le territoire du pape; elle sera fidèle auxmaximes qu’elle professe : elle protégera la religion et le peuple. Lesoldat français porte d’une main la baïonnette, sûr garant de la victoire,et de l’autre le rameau d’olivier, symbole de la paix et gage de sa pro-tection. Malheur à ceux qui, séduits par des hommes profondémenthypocrites , attireront sur leurs maisons la vengeance d’une armée qui,en six mois, a fait cent mille prisonniers des meilleures troupes del’empereur, pris quatre cents pièces de canon de bataille, cent dix dra-peaux , et détruit cinq armées ! »

Le lendemain, il rendit compte à son armée, par l’ordre du jour sui-vant , des motifs qui lui faisaient reprendre les armes :

« 1° Le pape a refusé d’observer les conditions de l’armistice qu’ilavait conclu. 2° La cour de Borne n’a pas cessé d’armer et d’exciter lespeuples à la croisade par ses manifestes. 3° Elle a entamé des négocia-tions hostiles contre la France avec la cour de Tienne. 4° Le pape aconfié le commandement de ses troupes à des officiers généraux envoyéspar la cour de Vienne. 5° Il a refusé de répondre aux demandes offi-cielles qui lui ont été faites par le général Cacault, ministre de la répu-blique française. 6° Le traité d’armistice a donc été violé et rompu parla cour de Rome, etc. »

Le 2 février, Bonaparte partit de Bologne et porta son quartiergénéral à Imola , dans le palais de l’évêque de Chiaramonte, depuis lepape Pie VII . Cette hospitalité militaire devint pour l’évêque et pour legénéral un événement important. On connaît la fameuse homélie répu-l. 40