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Tome premier.
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\m HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797.

blicaine de ce respectable prélat, publiée à Imola la même année. C’est

là qu’il dit : Oui, mes très-chers frères, soyez bons chrétiens et vous serez

d’excellents démocrates _ Les vertus morales rendent bons démocrates....

Les premiers chrétiens étaient animés de l’esprit de démocratie; Dieu favorisales travaux de Caton d’U tique et des illustres républicains de Rome .... Laréflexion n’était pas heureuse; car si Dieu axait favorisé les travaux deCaton, Rome n’eût point été asservie par César, et Caton ne se fût pastué à Utique .

L’armée du pape était en campagne. Le cardinal Busca, fidèle à saparole, avait fait une Yendée de la Romagne, en soulevant, en fanati-sant les populations. Toutes les ressources du génie ultramontain, sipuissant encore à cette époque sur l’Italie , avaient été mises en œuvre.Le prince de l’Église lui-même campait fièrement, à la tête de septmille hommes et d’une multitude de paysans et de moines, sur lesbords du Senio, et défendait le pont de Castel-Bolognese avec huitpièces de canon. Le général Victor prit position le 2 février. Un parle-mentaire romain se présenta, et menaça, de la part de S. E., défaire feusi l’ennemi savançait. Bonaparte eut la politesse de remettre l’affaire aujour suivant; mais il fit passer, pendant la nuit, la rivière à une lieueau-dessus de sa position, par l’avant-garde aux ordres du généralLannes, en sorte que le lendemain l’armée pontificale se réveilla toutétonnée de se voir entre deux feux, et coupée même de sa retraite surFaenza . Les Français forcèrent au pas de charge le pont du Senio : uneheure après, les troupes romaines fuyaient dans une déroute complète,avec une perte de quelques centaines d’hommes. On ramassa sur lechamp de bataille des moines, des crucifix et des poignards. Victormarcha sur Faenza , dont il fut obligé de briser les portes, après d’inu-tiles sommations repoussées par les outrages les plus injurieux. Legénéral en chef rassembla dans un grand jardin tous les captifs. Commeils avaient répondu par d’infàmes invectives aux sommations de Victor,ils se crurent perdus, se jetèrent à genoux, et demandèrent grâce.Bonaparte ne se sentait aucunement porté à user du droit de la victoirecontre cette populace de soldats : il lui accorda la vie et la liberté, nevoulant pas même d’eux pour prisonniers. Il sauva également la villedu pillage auquel la condamnaient les lois de la guerre. Ce n’était làqu un acte de grandeur de caractère ; les vaincus, à qui la passion dela vengeance était naturelle, prirent cette conduite pour de la généro-