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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 147

sité, de la part d’un homme qu’eux et leurs chefs avaient dévoué auxpoignards et à la destruction. Peu touché des expressions tumultueusesde leur reconnaissance, Bonaparte appela chez lui tous les officiers,dont une partie appartenait aux grandes familles de Rome ; il leurpermit de retourner dans leurs foyers, et, après les avoir pénétrés desa ferme résolution de protéger l’Italie et le saint-père, il les décida àse charger de publier sa proclamation. De prisonniers inquiets, d’en-nemis acharnés, ces officiers devinrent tout à coup d’utiles émissaires.La métamorphose fut prompte et complète, parce que dans cette classe,même à cette époque , il n’y avait pas de fanatiques. À leur retour, quiétonna beaucoup leurs compatriotes, ils tinrent exactement leur parole :ils répandirent la renommée du vainqueur, et disposèrent les esprits,d’ailleurs peu belliqueux, à des sentiments pacifiques. Forli , Césène,Pesaro, Rimini , Sinigaglia acceptèrent avec empressement la conver-sion qui leur fut prêchée par ces missionnaires d’une nouvelle espèce;elles se hâtèrent d’ouvrir leurs portes aux Français comme à des libé-rateurs. La conquête de la Vendée du cardinal Busca, de la terribleRomagne, fut une simple promenade militaire.

De Faenza Victor marcha sur Ancône, où il devait rencontrer legénéral Colli. Ce général avait éprouvé la valeur française à Cherascoet à Mondovi, et savait bien qu’il ne comptait plus des soldats piémon-tais sous son drapeau. Cependant il se porta avec trois mille hommessur les hauteurs qui défendent la ville ; c’était tout ce qu’il avait puréunir. Mais quand il vit s’avancer les colonnes de Victor, il disparuttout à coup, ainsi que ses officiers. Le général français somma cettetroupe de se rendre, et, pendant la sommation, la fit entourer. LesRomains, n’apercevant plus le chef invincible envoyé par l’Autriche ,mirent bas les armes sans brûler une amorce. Victor s’empara, le9 février, de la citadelle, où il trouva cent vingt bouches à feu, unarsenal bien approvisionné, et cinq mille fusils que l’empereur venaitd’adresser au saint-père. Le lendemain, Victor occupa Lorette, si fa-meuse par la Casa-Santa que les anges y apportèrent. Mais le Vatican avait prudemment fait enlever le trésor de cette église, enrichie depuistant de siècles par les libéralités du monde chrétien ; il avait laissé, parceque ce n’était qu’une pauvre statue de bois, la Vierge des miracles,celle à qui appartenaient ces trésors et cette maison sainte.

Bonaparte , à cette occasion, prit plaisir à entrer vis-à-vis du direc-

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