150 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1797.
Le style de cette lettre différait un peu de celui de la harangue pu-bliée les jours précédents. Mais il n’y avait plus d’Autriche pour leVatican .
Le général Bonaparte répondit, le 19 suivant, jour de la conclusiondu traité de Tolentino :
« Au quartier général de Tolentino, le I er ventôse an Y.
« Très-saint-père, je dois remercier V. S. des choses obligeantes con-tenues dans la lettre qu’elle s’est donné la peine de m’écrire. La paixentre la république française et V. S. vient d’être signée. Je me félicited’avoir pu contribuer à son repos particulier. J’engage V. S. à se méfierdes personnes qui sont, à Borne, vendues aux cours ennemies de laFrance , ou qui se laissent guider par les passions haineuses qui en-traînent la perte des états. Toute l’Europe connaît les inclinations paci-fiques et les vertus conciliatrices de V. S. La république française sera,j’espère, une des amies les plus vraies de Borne. J’envoie mon aide decamp, chef de brigade (Murat), pour exprimer à Y. S. l’estime et lavénération parfaites que j’ai pour sa personne, et je la prie de croire audésir que j’ai de lui donner, dans toutes les occasions, les preuves derespect et de vénération avec lesquels j’ai l’honneur d’être,
« Son très-obéissant serviteur,
Napoléon dit dans ses mémoires que le directoire voulait mettre finau règne temporel du pape. Pour lui, il avait eu, ver s cette époque, lamême idée, mais en y attachant une combinaison toute politique. Avantde quitter Bologne, le 1 er février, pour se rendre à Imola , il écrivit audirectoire :
« Ne pourrait-on pas, si nous allons jusqu’à Rome , réunir le Modé-nais, le Ferrarais et la Romagne , et en faire une république qui seraitassez puissante? Ne pourrait-on pas donner Rome à L'Espagne , à condi-tion qu’elle garantirait l’indépendance de la nouvelle république? Alorsnous pourrions restituer à l’empereur le Milanais, le Mantouan, et lui donnerle duché de Parme , au cas que nous fussions obligés de passer par là,afin d’accélérer la paix dont nous avons besoin. L’empereur n'y per-