HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4797. 449
maître de Mantoue , quatre fois vainqueur des Autrichiens, et fondateurde plusieurs états libres en Italie , répondait aux excommunications et auxcomplots d’assassinat dont le Vatican menaçait notre armée et son général.
Cependant le retour des prisonniers de Faenza avait jeté la conster-nation dans la cour du saint-père. Le parti de la liberté, comprimé dansRome depuis les meurtres de Duphot et de Basseville, y reparut subi-tement. Enfin, la prise d’Ancône et de l’inexpugnable Mantoue avaitglacé soudain l’ardeur des conseils pontificaux, et Pie VI lui-même futsi honteux de sa conduite, que, malgré les assurances proclamées parle général français de la sécurité que le pape devait conserver dans laville éternelle quels que fussent les événements, il prit la résolutiond’aller se réfugier à Naples . Mais Bonaparte lui ayant fait proposerd’envoyer des plénipotentiaires à son quartier général de Tolentino, lesaint-père resta au Vatican. Alors le serpent de la pobtique ultramon-taine se replia sur lui-même, et le souverain pontife, conseillé par sonpropre malheur, écrivit à Bonaparte :
« Cher fils ,
« Salut et bénédiction apostolique.
« Désirant terminer à l’amiable nos différends actuels avec la répu-blique française, par la retraite des troupes que vous commandez, nousenvoyons et députons vers vous, comme nos plénipotentiaires, deuxecclésiastiques, M. le cardinal Mattéi, parfaitement connu de vous, etmonsignor Galeppi, et deux séculiers, le duc don Louis Braschi, notreneveu, et le marquis Massimi, lesquels sont revêtus de nos pleins pou-voirs pour concerter avec vous, promettre et souscrire les conditionsjustes et raisonnables que nous espérons d’obtenir. Nous nous enga-geons , sur notre foi et parole , à les approuver et ratifier en forme spéciale,afin qu’elles soient valides et inviolables en tout temps. Convaincu dessentiments de bienveillance que vous avez manifestés, nous sommesdécidé à ne pas sortir de Rome : vous verrez par là combien est grandenotre confiance en vous. Nous finissons en vous assurant de notre plusgrande estime, et en vous donnant la paternelle bénédiction apostolique.
« Donné à Saint-Pierre de Rome , le ia février 1797, l’an aa e de notre pontificat.
Signé Pie VT. »