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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1797. 165

des Français les dispositions de la plus grande partie des villes de laterre ferme vénitienne. Bergame et Brescia , ces deux principaux muni-cipes, Milan, capitale de la république lombarde, Bologne , capitale dela république transpadane, s’étaient fédérées, et, sous la direction deleurs familles patriciennes, elles faisaient cause commune avec les Fran-çais . Cette aristocratie avait enfin trouvé et saisi l’occasion de vengerla longue injure qui l’excluait, à titre de conquête, du partage de lasouveraineté avec la noblesse de la capitale. La terre ferme était pourl’oligarchie vénitienne ce que le pays de Yaud était pour l’oligarchiebernoise.

Depuis la guerre, trois factions partageaient le sénat de Yenise : l'unecelle des vieux sénateurs, formait le parti, très-honorable sans doute,de l’indépendance, qui repoussait également l’influence allemande etl’influence française ; mais ce parti manquait de coup d’œil et de décision,car le temps était venu où il fallait absolument choisir. La seconde fac-tion , tout autrichienne, voulait une neutralité armée contre nous :Pesaro , qui dirigeait alors toute la politique de l’état, était le chef decette faction ; il avait pour lui tous les jeunes sénateurs. Le troisièmeparti nous favorisait : le provéditeur Battaja, l’âme de ce parti, pro-posait une alliance offensive et défensive avec la république française.Cette opinion obtint peu de crédit dans le sénat. Il n’y avait cependantpas d’autre moyen de salut; mais on préféra, selon l’usage des aristo-craties dans les gouvernements minés par la vieillesse, la routine duprivilège et la vanité du patriciat au bien-être de la patrie. Les adula-tions dont les provéditeurs en mission entourèrent Bonaparte , ses géné-raux et son armée, soit à Brescia, soit à Yérone, soit à Peschiera , ser-virent mal à dissimuler les dispositions du sénat vénitien , qui avaitsupporté avec une patience remarquable l’entrée de Beaulieu à Peschiera ,à Yérone ; celle de Wurmser à Yicence, à Padoue , à Bassano, avantaucun général français. La violation du territoire vénitien , devenu lechamp de bataille, ne pouvait plus faire le sujet d’un procès soutenable ;ce procès était jugé de fait en dernier ressort par le vainqueur, qui avaitchassé de la terre ferme les premiers qui l’avaient occupée.

Mais il existait, comme nous l’avons déjà dit, une question difficileà résoudre, et c’était la question principale : il fallait conquérir la paix,non plus sur le territoire de Yenise, mais en Allemagne , sur la routede Yienne. Yoilà la raison d’état de la campagne sur le Tagliamcnto.