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de mai, avaient, suivant la marche commune, envoyé des députés augrand régulateur des démocraties ; les Grisons en avaient fait autantde leur côté ; de sorte que le général Bonaparte se trouvait tout ci coupexposé à devenir arbitre dans un différend qui touchait aux intérêtsfondamentaux de l’union helvétique. La politique de la France , commela prudence de son général, devait donc nécessairement hésiter àprendre ce procès en considération ; mais on découvrit dans les archi-ves de Milan que, par le traité de cession de la Yalteline aux Grisons ,le gouvernement lombard était investi du droit de garantie en faveurde cette dernière : en conséquence, Bonaparte accepta la médiation, etproposa de faire de la Yalteline une quatrième Ligue Grise; ce qui futrefusé par les trois autres. Quelques mois après (le 10 octobre), Bona-parte convoqua les députés des Grisons et de la Yalteline; mais lespremiers, ayant dédaigné de comparaître, furent condamnés par dé-faut, et un jugement rendu à Montebello autorisa la Yalteline à sejoindre à la république cisalpine.
Le 9 juillet, on proclama la nouvelle république cisalpine, forméede la Cispadane et de la Transpadane, c’est-à-dire de la Lombardie au-trichienne, du Bergamasque, du Mantouan, auquel la Romagne, cédéepar le traité de Tolentino, se réunit le 24. La Romagne avait déclaré sonindépendance sous le nom peu connu de république Émilie. La Cispa-dane, qui comptait plusieurs capitales d’anciens états, telles que Bolo-gne , Modène, Reggio et Ferrare , était par cela seul plus soumise à l’in-fluence clc l’esprit aristocratique, et avait répugné à se confondre avec laTranspadane ; mais ces petits intérêts de suprématie passée ne purenttenir contre l’espérance que donna Bonaparte à ces villes, de la réorga-nisation de la grande famille italienne. Le patriotisme triompha de toutesles oppositions de la noblesse et du clergé. La Cisalpine reçut la consti-tution française; le 14 juillet, Bonaparte nomma les cinq directeurs; ettrente mille gardes nationaux, députés par les dix départements de celterépublique, se jurèrent fraternité sur l’autel de la Liberté. Par le traitéde Campo-Formio, cette république devait encore s’augmenter de laterre ferme vénitienne, située sur la rive droite de l’Àdige, et représenterenviron quatre millions d’Italiens libres, dont tous les regards se por-taient sur Rome , comme sur la capitale future de la commune patrie.Rome aussi regarda alors la nouvelle république; mais c’était Rome pa-pale qui refusa de la reconnaître. Excité sourdement derechef par la cour