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Tome premier.
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302 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1800.

où l’impénétrabilité de ses combinaisons doit jeter la maison d’Autriche sur le champ de bataille qui le verra se mesurer encore avec elle. Dijon est le point central de la réunion de l’armée dite de réserve. La positiondu rendez-vous général de nos forces, à distance égale de Bâle , deMartigny et de Chambéry , détourne l’attention, depuis longtempsportée sur le Yar par les mouvements d’invasion dont Mêlas, à la têted’environ quatre-vingt mille hommes victorieux et bien approvisionnés,menace les vingt-cinq mille soldats intrépides et nus que commandeMasséna. Mais Bonaparte a conçu la guerre d’Annibal contre Rome etcelle de Rome contre Carthage : la cruelle science des armes va donnerencore à l’esprit humain l’honneur des plus hautes conceptions dugénie.

La campagne avait pour but de conquérir les deux bassins du Da-nube et du Pô ; il fallait y descendre. Le directoire, eu étendant 1®champ de ses opération depuis la Hollande jusqu’à l’embouchure duYar, cherchait inutilement à envelopper de ses lignes éloignées l’ennemiqu’elles laissaient maître du centre. La difficulté consistait à manœuvrersimultanément sur des bases de cent lieues, et à livrer des batailles devingt lieues de développement. On croyait agrandir l’échelle des combi-naisons ; on n’avait fait que l’affaiblir en le privant de l’influence di-recte du commandement immédiat. Le même système avait causé laruine des Autrichiens en Italie, sous Bonaparte ; il s’en souvient, etremplace ce système par celui de concentration, qui, offrant l’actionde l’unité, répondait à sa politique et à son caractère. Le détroit de laSuisse, entre le Bhin et le Rhône , renferme tout le mystère de ses cal-culs; en occupant ce détroit, il sépare les armées autrichiennes d’Alle-magne. et d’Italie .

Moreau est à la tète de cent mille hommes composés de nos vieille 3bandes, que Bonaparte lui a remises entre les mains; Augereau com-mande en Hollande ; Masséna, de Gênes au Var; Berthier à Dijon , dontla position regarde la Suisse ; Carnot a remplacé Berthier au ministèrede la guerre. L’aile droite de l’armée du Rhin, qui obéit à Lecourbc,sous le nom d’armée d’Helvétie, occupe ce pays ; on doit penser qu’elleforme la réserve de Moreau, que de là nous menaçons toute l’Allema-gne , et que la guerre d’Italie est ajournée. Les mouvements que I epremièr constil ordonne à Moreau par le Rhinthal, sur les derrières dugénéral Kray, isolent tout à coup ce général du général Mêlas par 1 en-