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Tome premier.
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364
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CHAPITRE VIL

1801 à 1804.

Expédition de Saint-Domingue.

Deux mois après la signature des préliminaires de la paix entre laFrance et l’Angleterre , le parlement apprit avec une sorte d'effroiqu’une flotte immense, française et espagnole, portant des troupes ex-péditionnaires et destinées pour les Indes occidentales , se préparait àappareiller du port de Brest . On sut également que sept escadres ar-mées à Lorient, à Rochefort, à Cadix, à Toulon, à Brest , au Havreet à Flessingue , faisaient partie de ce formidable armement. Environquatre-vingts bâtiments de guerre français , espagnols et bataves, donttrente-cinq vaisseaux et vingt et une frégates, ayant à bord une arméede vingt et un mille hommes, presque toute composée des vainqueursde Hohenlinden , allaient mettre à la voile. Cette nouvelle si imprévuejeta une grande agitation dans le peuple anglais , et donna beu à de vifsdébats dans les deux chambres. On y soutint que le temps intermé-diaire entre les préliminaires et la paix était généralement reconnucomme un intervalle de sécurité pendant lequel on devait réciproque-ment s’abstenir de toute démonstration extérieure ; et l’on assimilait àune espèce de sacrilège politique la mystérieuse entreprise qui lançaittout à coup hors des ports de la domination française des forces com-binées aussi considérables. L’Angleterre demanda des expbcations augouvernement consulaire, qui articula le véritable motif de ces prépa-ratifs ; ils ne furent jugés contraires ni aux conditions des préliminaires,ni aux intérêts des possesseurs de la Jamaïque ; mais, tandis que l’ex-