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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1801-1804.veau gouvernement dans les fonctions de général en chef, qu’il s’étaitattribuées malgré les commissaires français , Toussaint avait réclamé laremise de la partie espagnole cédée à la France par le traité de Bâle ;bientôt, à la tête d’une nombreuse armée, il fit reconnaître sa puissancesur toute l’étendue de la terre de Saint-Domingue . Mais quand Tous-saint put apprécier la hauteur du pouvoir auquel le premier consul ve-nait de s’élever, il commença à s’inquiéter de sa propre grandeur, etconçut, pour la conserver, l’idée de se rendre nécessaire à la mère-pa-trie et au premier consul : dans cette vue, il voulut imiter Bonaparte .En conséquence , on le vit donner à l’île une constitution qui le nom-mait gouverneur à vie, avec la faculté de choisir son successeur ; il fitensuite accepter par les habitants ce pacte social, et en prescrivit l’exé-cution , en attendant l’approbation du gouvernement français , appro-bation que devait solliciter le colonel Vincent, chargé de présenter lanouvelle constitution au premier consul : dès lors la perte de Toussaintfut jurée. Cependant il avait créé aussi des biens nationaux provisoiresen mettant en fermages à bail les domaines des colons absents, s’en ré-servant une grande partie , et distribuant le reste à ses généraux pourse les attacher. Cette conduite conciliait les intérêts de la culture et ducommerce avec ceux de la pobtique de Toussaint : plusieurs colons,rappelés par les heureuses conséquences de son administration, étaientrentrés dans leurs propriétés. Sans doute il n’était pas d’une médiocrecapacité celui qui, après s’être tant de fois baigné dans le sang desblancs, leur inspirait une telle confiance. Un ascendant si singulieréveilla, bien plus encore que la constitution de Toussaint, les inquié-tudes du premier consul, qui jugea malheureusement ne devoir pasperdre de temps pour arracher la colonie à un chef aussi habile.

En effet, trente millions de produits coloniaux, soit emmaganisés àl’arrivée de l’expédition , soit en pleine récolte , attestaient l’excellenteadministration et la supériorité d'intelligence de Toussaint-Louverture .Il avait adopté pour système, d’agir toujours au nom de la liberté desAfricains et de l’affranchissement du pays ; il affectait extérieurement lerôle de Washington , et veillait à ce qu’au-dessous de lui l’égalité neput recevoir la moindre atteinte. Aussi il n’était pas à lui seul toute lapatrie ; aussi, après son arrestation et sa déportation, les droits de larace africaine ne périrent pas avec lui.

Toussaint eut promptement avis de l’arrivée de l’amiral Latouche en