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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1801-1804.vue de Samana. II se transporta dans cette ville, où il resta jusqu’à laréunion de la flotte principale et des autres escadres. Jugeant que cetimmense armement lui apportait les hostilités, et reprenant tout à couples souvenirs de la première insurrection qu’il avait dirigée, il ordonnade défendre tous les lieux qui pouvaient être défendus, de brûler cequi ne pouvait pas l’être, et se mit en route pour le Cap afin d’y pro-clamer la guerre à outrance. Cependant la colonie, qui eût été facile-ment surprise, ainsi que la fidélité de Toussaint, si l’amiral Yillaretn’avait pas passé quinze jours dans le golfe de Gascogne, se voyait me-nacée sur plusieurs points : le général Kerverseau eut mission de s’em-parer de Santo-Domingo , le général Rochambeau du fort Dauphin , etle général Boudet du Port - au-Prince . Ces expéditions partirent pourleur destination du rendez-vous de Samana. Le général Leclerc se char-geait de l’attaque du Cap, dont la passe devait être forcée si Toussaints’opposait à la descente. Le 3 février, un capitaine de frégate, porteurd’une lettre du premier consul pour Toussaint, et d’une proclamationdu gouvernement, se présente à la passe avec trois bâtiments ; maisles balises avaient été enlevées : les signaux de reconnaissance restèrentsans réponse, et le fort Picolet envoya des boulets rouges au cutter quipénétrait dans la passe. Ainsi donc plus d’incertitude sur les résolu-tions de Toussaint; cependant la flotte ayant dérivé, l’on ne pouvaitsonger pour ce jour à assaillir les forts. Par une imprévoyance querien ne justifie, Yillaret avait négligé d’emmener avec lui des pilotespratiques de la baie du Cap ; cependant le capitaine du port vint àbord de l’amiral lui déclarer qu’il attendait les ordres du général Tous-saint pour laisser entrer la flotte. Alors le général Leclerc écrivit àChristophe, qui commandait au Cap : l’officier chargé de cette lettre re-vint avec un refus positif. A défaut de pilotes pour nous guider, l’ami-ral résolut de se servir du capitaine du port du Cap, qu’il avait retenu ;uiais ni prières, ni argent, ni menaces, ne purent l’y décider. C'étaitu n mulâtre nommé Sangos. On lui offrit 50,000 fr. ; on lui mit lacorde au cou : il resta inébranlable. Une telle résistance prouva l’em-pire de Toussaint sur son armée. Bientôt après, une députation accourtsupplier le général Leclerc de ne point tenter le débarquement au Cap,si l’on désirait de ne pas donner le signal du massacre des blancs et de1 incendie de la ville. Le projet de Christophe à cet égard était connu.Én temps précieux s’écoula en vue du Cap, où nous avions précédé dei. 24