Band 
Tome premier.
Seite
391
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1803. 391

néral des forces de la Méditerranée ; trois escadres mirent en mer sousles ordres des amiraux Sidney Smitli, Saumarez et Pellew. Un autremessage succéda rapidement au premier, et ordonnait une augmenta-tion dans les troupes de terre et de mer. Jamais l’axiome : Sivis pacem,para bellum, n’avait été suivi des deux côtés avec plus d’ardeur. Maison jugeait facilement, par la fidélité à exécuter le traité, lequel desdeux adversaires préparait réellement la guerre.

C’était l’argument de position du premier consul, qui, ainsique sesalliés, avait rempli toutes les obligations stipulées à Amiens . Le mêmefond d’idées composait une note très-péremptoire de l’ambassadeurAndréossy, en réponse à celle du 15 mars de lord Havvkesbury. Celtenote, arrivée de Paris , ne laissait aucun doute sur son auteur.... « Lepremier consul sait, et par ses propres sentiments, et en jugeant desautres peuples par le peuple français, qu’une grande nation ne peutjamais être effrayée.... On peut tuer un grand peuple, mais non l’inti-mider.... Ici l’appel a éclaté avant qu’on pût savoir qu’il y avait lieu àmésintelligence ; on a signalé la fin des discussions avant qu’elles fussentcommencées ; on a déclaré l’issue d’une discussion difficile avant qu’elleeût été élevée.... Aussi le premier consul, quels qu’aient été l’éclat,l’activité, les provocations de guerre qui ont eu beu depuis ce messageen Angleterre, n’a donné aucun ordre, n’a fait aucune disposition, aucunpréparatif. Il met toute sa gloire, dans une affaire de cette nature, àêtre pris au dépourvu.... Quant aux plaintes portées relativement auxpubbcations qui peuvent avoir lieu en France , elles sont d’un ordretrop secondab’e pour pouvoir influer sur une telle décision. Serions-nous donc revenus au siècle des tournois ? Des motifs de cette naturepouvaient autoriser, il y a quatre cents ans, le combat des trente ; maisils ne sauraient être aujourd’hui une raison de guerre entre les deuxpays.... Peu de jours après la ratification de la paix, un des ministresde S. M. B. déclara que l’état de paix devait être considérable. » La notedénonce ensuite les outrages commis par les journahstes, « et la tolé-rance , plus inexcusable, éprouvée par des brigands couverts de crimes,et méditant sans cesse des assassinats, tels que Georges , qui continueencore de demeurer à Londres , protégé et jouissant d’un état considé-rable. » La note demandait aussi réciprocité pour la répression de lapresse ; ce qui était inadmissible, parce qu’en Angleterre , la hberté dela presse est un droit national et tout à fait indépendant, tandis qu’a-