392 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.
lors , en France , cette liberté captive était entièrement entre les mainsdu gouvernement. « En résumé, le soussigné est chargé de déclarerque le premier consul ne veut point relever le défi de la guerre quel’Angleterre a jeté à la France ; que quant à Malte, il ne voit aucunematière de discussion, le traité ayant tout prévu. »
Peu de temps après, le premier consul interpella vivement l’am-bassadeur d’Angleterre à une audience diplomatique : « Yous êtes déci-dés à la guerre..., vous voulez la guerre. Nous l’avons faite pendantquinze ans ; vous voulez la faire encore quinze années et vous m’yforcez. » Puis, se tournant vers le comte de Markoff, ambassadeur deRussie : « Les Anglais veulent la guerre, dit-il ; mais s’ils sont lespremiers à tirer l’épée , je serai Le dernier à la remettre dans le fourreau ;ils ne respectent pas les traités, il faut dorénavant les couvrir d’uncrêpe noir.... Si vous voulez armer, j’armerai aussi ; si vous voulezvous battre, je me battrai aussi. Vous fourres peut-être tuer la France ,mais jamais l’intimider. Malheur à ceux qui ne respectent pas lestraités ! ils en seront responsables devant toute l’Europe. » Cette allocu-tion motiva, le 14 mars, une dépêche de lord Withworth à son gou-vernement.
Bientôt une conférence eut lieu entre M. de Talleyrand et lordWithworth, qui reçut de sa cour l’ordre de demander : 1° Que S. M. B-conservât ses troupes à Malte pendant dix ans ; 2° que l’île de Lampe-douze (qui appartenait au roi de Naples) lui fût cédée en toute pro-priété; 3° que les troupes françaises évacuassent la Hollande.... End’autres termes, la Grande-Bretagne nous déclarait la guerre. On don-nait sept jours pour admettre cet ultimatum ; faute de quoi l’amhassadeurétait rappelé. En réponse à ces propositions inexécutables, M. de Tal-leyrand déclara que le premier consul consentait que Malte fût remiseaux mains d’une des trois puissances garantes, la Russie, l’Autriche oula Prusse ; que si l’on rejetait cette modification, il ferait un manifestequi prouverait que l’Angleterre n’avait jamais voulu exécuter le traité.La réponse du cabinet de Londres fut : 1° que le gouvernement fran-çais ne s’opposerait point à la cession de l’île de Lampedouze parle roide Naples ; 2° que S. M. B. resterait en possession de Malte, jusqu àce que l’île de Lampedouze pût être établie comme port militaire ; 3° q uela Hollande serait, ainsi que la Suisse, évacuée par les Français ; fi uel'Angleterre reconnaitrait le roi d’Étrurie , et les républiques italienne