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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.et ligurienne. Un article secret portait que S. M. B. ne serait requisepar le gouvernement français d’évacuer Malte qu’au bout de dix ans.Dans cette circonstance, ce n’était plus sept jours que l’on accordaitpour accepter ces violentes conditions, c’était trente-six heures ! Ja-mais il n’y eut de défi plus injurieux, plus directement contraire àl’honneur d’une nation. Mais une autre iniquité entachait encore cettedernière communication : le ministère anglais disait, dans sa note , quel’empereur de Russie refusait de se prêter à l’arrangement proposé parle cabinet de France , de remettre Malte aux mains d’une des puissancesgarantes, tandis qu’à Paris le comte de Markoff venait de renouveler,à cet égard, les intentions de sa cour. Le 12 mai, lord 'Withworth reçutses passe-ports qu’il avait demandés trois fois, tant l’Angleterre redou-tait de laisser échapper le fléau de la guerre. Le général Andréossys’embarqua à Douvres le 18. Le 16, un message du monarque avaitosé dire aux deux chambres : « C’est une consolation pour S. M., deréfléchir qu’il n’a manqué aucun effort de sa part pour conserver à sessujets les bienfaits de la paix.... »

L’amirauté expédia des lettres de marque et de représailles, fit sor-tir de Torbay lord CormvaUis avec dix vaisseaux et trois frégates, etenvoya le commodore Saumarez stationner à Jersey et Guernesey . Lecabinet de Londres publia les pièces de la négociation, ainsi qu’unmanifeste jésuitique, en apologie de sa conduite. Ce manifeste avançait :« Qu'il y a une loi générale des nations qui est antérieure à la loi convention-nelle , et que c’est à cette loi, ou règle de conduite, que les souverainsont coutume d’appeler, lorsqu'il est reconnu que la loi conventionnelle setait. » Cependant cette loi parlait assez haut et assez clairement dans letraité d’Amiens, quand elle disait : L’île de Malte sera rendue à l'ordre deSaint-Jean , elle sera évacuée par les troupes anglaises trois mois après l’échangedes ratifications. La doctrine sophistique du cabinet de Londres for-mait depuis longtemps le langage naturel de la violence qu’il exerçaitsur cette autre loi générale, également antérieure à la loi convention-nelle, sur le droit des nations qui ont des rivages, droit antérieur àl’injuste prétention du droit de visite, élevée par le peuple qui possèdele plus de vaisseaux. Le cabinet des Tuileries donna aussi son mani-feste , sous la forme d’une note que M. de Talleyrand adressa à lordWithworth : cette note est un chef-d’œuvre de dialectique, de clarté,de raison, d’honneur politique