398 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.
premier consul avait prescrits pour la cour de Rome. La proclamation
suivante précéda l’invasion du royaume de Naples :
« Le roi d’Angleterre a faussé sa signature et a refusé d’exécuter letraité d’Amiens en ce qui concerne l’évacuation de Malte. L’armée fran-çaise se voit donc obligée d’occuper les positions qu’elle avait quittéesen vertu de ce traité. L’ambition démesui’ée de l’Angleterre se trouvedémasquée par cette conduite inouïe : maîtresse de l’Inde et de l’Amé-rique , elle veut encore l’être du Levant ; le besoin de maintenir notrecommerce et de conserver l’équilibre nous oblige d’occuper ces posi-tions dans les états du roi de Naples , positions que nous garderons tantque l’Angleterre persistera à garder Malte. »
Cependant Tarente devint, comme Flessingue , un arsenal militaire,un grand port fortifié. Livourne, où l’on arrêta tous les Anglais , futmise en état de siège ; on arma les batteries de la côte de la Spezzia ;On réunit Piombino à la France : celte ville entrait dans un vaste sys-tème de guerre offensive et défensive conçu par Bonaparte . Le généralCampredon dut fortifier Porto-Longone et Porto-Ferrajo. Le généralMoreau commandait en Corse, le général Rusca à l’ile d’Elbe, le généralMurat en Italie . Le premier consul traça lui-même des instructions ad-mirables pour la défense combinée de la Corse, de l’île d’Elbe et de laToscane . Dix mille ouvriers concoururent à élever ces fameux travauxqui firent d’Alexandrie la grande place d’armes de l’Italie . « Je consi-dère cette place , disait Bonaparte , comme la possession de toute l’Ita-lie ; le reste est affaire de guerre : Alexandrie est affaire de politique. "Les mêmes ordres couvrirent également de batteries et d’ouvrages lescôtes de Hollande, depuis Flessingue jusqu’à Texel. Le général Victor-placé à la tête des troupes bataves réunies aux troupes françaises , étaitchargé en outre de défendre les bouches de la Meuse et l’Escaut. L’îlede Walkeren devint un commandement particulier, confié au généralMonnet. Ainsi, depuis l’embouchure de l’Elbe jusqu’au port de Tarente,Bonaparte avait fermé tous les rivages aux Anglais .
Les départements répondirent aux appels du premier consul pou 1 'donner des vaisseaux, des bâtiments de transport et de l’artillerie. Il 7eut un chantier de construction à Paris et dans les ports de l’Océan,depuis Cherbourg jusqu’à Texel. Boulogne fut regardé justement commevéritable poil militaire de la descente ; mais il en fallait encore un pl uS vaste pour recevoir les divisions de flottilles qui devaient s’y rassembler 1