400 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1803.
11 "visita toute la côte, s’arrêta à Flessingue pour ses fortifications, àGand pour son commerce ; en revoyant Anvers , où il entra le 20 juillet,il décida que son port marchand serait le plus grand port militaire, leplus grand arsenal et le plus grand chantier de construction du conti-nent. M. Malouet fut nommé préfet maritime à Anvers , et chargé destravaux de cette puissante création, qui sortit pour ainsi dire toutarmée du génie de Bonaparte. D’Anvers , le premier consul vint re-cueillir à Bruxelles les hommages de la reconnaissance du commerce,qui gagnait tout à sa réunion à la France .
En revenant à Paris , il apprit que les agitateurs, depuis longtempssignalés, des îles de Jersey, avaient tenté de rallumer dans la Vendée les torches de la guerre civile, et que, fidèles à leurs serments, les Ven-déens, rejetant ces insinuations britanniques, continuaient de partageravec tous les riverains de l’Océan l’armement des côtes, la constructionet la conduite des flottilles. Une noble idée se présenta alors à son esprit,pour répondre à ce nouveau complot de la politique anglaise : ce fut deformer une légion de Vendéens, commandée par M. d’Autichamp; ildonna des ordres en conséquence au ministre de la guerre, le 7 juillet,par une dépêche datée de Lille . « Cette légion, écrivit-il de sa main,doit être composée, officiers et soldats, des hommes qui ont fait laguerre de la Vendée contre nous. »
Le 14 juin, Bonaparte avait arrêté la première base de l’organisationde la grande armée d’Angleterre. Elle était divisée en six corps, dansles camps de Hollande, de Gand, de Saint-Omer, de Compiègne , deSaint-Malo et de Bayonne . Le camp de Hollande était fixé à trente millehommes français et bataves, ceux de Saint-Omer et de Compiègne cha-cun à quinze mille hommes. Le général Marmont commandait en chefl’artillerie, le général Faultrier était directeur général des parcs, leconseiller d’état Pétiet intendant général de l’armée, et le ministre de laguerre Berthier ajouta à ses fonctions celles de major général. Dans lemois de septembre, le général Soult vint à Boulogne se mettre à la têtedu camp de Saint-Omer ; le général Davoust se rendit à Ostende pourcelui du camp de Bruges, d’abord le camp de Gand . Le général Neyprit, en octobre, le commandement du camp de Compiègne à Mon-treuil , après avoir capitulé pour seize mille Suisses que le premier con-sul mit sous les ordres du général Baraguay d’Ililhers, comme corps deréserve. Le général Pino passa en France avec une division de troupes