HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4803. 401
italiennes, pour faire partie de l’expédition. Le général Augereau ras-sembla, aux environs de Bayonne , l’armée des Pyrénées, destinée àagir contre le Portugal, si le général Lannes, envoyé à Lisbonne ,n’obtenait pas de ce gouvernement sa renonciation à toute influencebritannique. Cette négociation fut heureusement terminée : le Portugal ,qui n’osait rompre ni avec la France , ni surtout avec l’Angleterre,acheta son repos par un tribut annuel de seize millions, dont il payasa neutralité. Ce traité fut conclu à Lisbonne, le 25 décembre. L’Es-pagne , dont la position avait alors une grande affinité avec celle duPortugal , lui avait donné l’exemple de cette transaction entre sa poli-tique et ses intérêts. Au lieu de fournir cà la France le contingent sti-pulé dans le traité de Saint-Ildephonse, elle l’avait converti en unsubside annuel de soixante millions, par la convention signée à Madrid ,le 19 octobre, entre le général Beurnonvüle et D. Cevallos. L’Angle-terre ne surprit pas d’abord le secret de cette importante modificationau traité de Saint-Ildephonse; mais, dès qu’elle le connut, elle juraque l’Espagne ne jouirait pas longtemps des avantages que la neutralitéprocurait à son commerce, dont la France recueillait tout le profit. Lepremier consul, par une autre négociation, avait également soustraitune proie assurée à la marine britannique, en cédant à ses fidèles alliésdes États-Unis d’Amérique la belle colonie de la Louisiane , pour unesomme de soixante-dix millions. Ces opérations d’une admirable pré-voyance marchaient parallèlement avec les préparatifs d’une guerredont tous les éléments étaient implacables.
Cependant, insensiblement les formes républicaines disparaissaientdes habitudes poütiques de la nation. L’armée, qui partageait la royautéconsulaire, reçut elle-même le signal d’une réforme remarquable qui,sans nuire sans doute aux souvenirs de sa gloire, en altérait au moinsles titres. Le nom de régiment fut imposé aux demi-brigades; celuide colonel, donné à leurs chefs. Sans les numéros, que le premierconsul voulut conserver, on eût entièrement perdu les traces de cesbeaux surnoms de Y Impétueuse, de Y Invincible, de la Terrible, accordéscomme des récompenses, sous la véritable république, par le hé-r°s d’Italie . Ces changements s’opéraient sans la moindre observationde la part des troupes, qui venaient de monter avec leur général sur letrône républicain, et qui, habituées de leur nature à l’obéissancePassive, sanctionnaient pour elle et pour les citoyens, par une sou-
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