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Tome premier.
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402
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402 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1803.

mission aveugle, toutes les inspirations de la volonté du premier

consul.

En regard de tous les apprêts formidables dont les deux mers de laFrance étaient le théâtre, l’Angleterre affectait des dispositions politi-ques et des démonstrations militaires de la plus haute importance. Surterre, son parlement, en attitude presque convulsive à la voix du colo-nel Crawfurd, le grand terroriste de la descente, ressuscitait les lois desAnglo-Saxons et le statut de Henri III , pour voter d’acclamation la le-vée en masse du peuple anglais . «N’en doutez pas, s’écriait cet orateur,l’objet de l’ennemi est certainement de marcher sur Londres , et de sub-juguer ainsi à la fois la métropole et l’empire. » On décréta aussi laformation d’une armée de réserve. Le patriotisme des associations decommerce s’empressa d’assigner des fonds considérables pour encoura-ger et récompenser le zèle des défenseurs de l’état. On traça des campssur la côte ; on proclama la levée en masse dans les trois royaumes,aussitôt que l’acte de défense eut été revêtu de la sanction royale, et leduc d’York fut nommé généralissime. Ainsi la peur de la descente, àlaquelle personne ne croyait en France , assiégeait réellement les con-seils britanniques et la nation. Sur mer, le spectacle se montrait encoreplus imposant, et prouvait en même temps l’agitation inquiète qui avaitperverti la sagesse du gouvernement anglais . Sept cent trente-quatrevoiles de guerre faisaient flotter le pavillon de la Grande-Bretagne surtoutes- les mers du Nord, et sept flottes bloquaient tous les ports et tou-tes les embouchures des fleuves, depuis le Sund jusqu’aux Dardanelles .La Tamise elle-même était la prisonnière de la terreur britannique ; unechaîne de frégates, amarrées par d’énormes barres de fer, en fermaitl’entrée. Indépendamment de ces précautions, les ennemis bombar-dèrent successivement, mais sans résultat, les ports de Granville ,Dieppe, Fécamp, Saint-Yaléry, Boulogne , Calais. La poursuite rigou-reuse journellement exercée contre les convois de flottilles qui marchaientsur Boulogne, donna lieu à une foule de petits engagements où les Fran-çais eurent toujours l’avantage, notamment sous le cap Blanc et sousle cap Grinès. Les Anglais s’étonnèrent de voir les capitaines de vais-seau Saint-Houen et Pervieux oser attaquer, avec de frêles embarca-tions, leurs bâtiments de guerre et leurs frégates. Le premier consulassista, à bord d’une galère, à l’un de ces combats, dans un voyageinopiné à Boulogne, où il arriva le 4 novembre. Il présenta la bataille