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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 4803. 403

aux Anglais , qui ne purent rompre la ligne d’embossage française.Après avoir inspecté les troupes de terre et de mer, et fait exécutersous ses yeux les essais d’embarquement et de débarquement ; aprèsavoir visité les travaux de différents ports, et suffisamment accru, parsa présence, l’inquiétude de ses ennemis, il repartit brusquement, le17, pour Saint-Cloud ; le 18, il avait repris le cours des affaires du gou-vernement.

A la même époque, l’escadre de Brest , forte de neuf vaisseaux et desix frégates, se préparait à mettre à la voile, sous les ordres de l’ami-ral Truguet , et menaçait l’Angleterre d’aller ranimer les troubles dontl’Irlande venait d’être le théâtre. L’Angleterre aussi avait vu, depuis lapaix, une conspiration contre le roi et le gouvernement, ourdie par lecolonel Despard, qui subit la mort, ainsi que ses complices, pourcrime de haute trahison. En Irlande , l'attaque avait été démagogique,et exécutée d’abord avec avantage par des paysans, qui, sous la con-duite d’un jeune fanatique nommé Emmett, commirent quelques mas-sacres dans la ville même de Dublin , et furent bientôt dissipés par unepoignée de soldats. Le gouvernement anglais , en réprimant chez luil’esprit de conspiration, l’avait puni comme un grand attentat; mais,par un renversement subit de sa morale politique, il crut devoir l’ac-cepter comme auxiliaire pour armer la république contre son premiermagistrat. Cette insigne violation du droit des gens s’introduisit enErance et dans les états voisins, à la faveur de la stupeur générale dontl’Europe était saisie, entre la crainte du succès de la descente qui au-rait tué l’Angleterre, et la crainte de voir succomber Bonaparte , dontla perte eût rouvert subitement l’abîme des révolutions. La France seulehe partageait point cette grande inquiétude ; mais aussi, sans le savoir,e Ue recelait déjà dans son sein un péril plus réel.