CHAPITRE III.
1804 .
Conspiration (le Georges. — Moreau. — Pichegru . — Mort du duo d’Enghien.
— Affaire de Drake et de la baronne de Reich.
Deux ans après le 18 fructidor, qui avait amené la déportation dePichegru , le directoire fut renversé, comme on l’a vu, et le 18 bru-maire plaça l’ancien élève de ce général à la tête de la république. Cejour, Moreau, au lieu de se renfermer avec d’autres généraux dans uneneutralité honorable pour les principes qu’on lui supposait, s’offrit delui-même à Bonaparte , afin de coopérer au succès de cette révolution,et accepta la mission d’aller investir le palais du gouvernement, où setrouvaient encoi'e les directeurs Gohier et Moulins . Moreau n’avait suni jouer le rôle de Bonaparte avant le retour d’Égypte , ni, depuis, sefaire oublier; trois ans auparavant, il n’avait pas osé, en sa qualité degénéral en chef, dénoncer au gouvernement Pichegru comme traître,et ne s’était décidé à remplir ce devoir, que lorsqu’il put craindre pourlui-même. Cependant, malgré cette conduite, qui devait séparer cesdeux généraux par une inimitié irréconciliable, un motif alors inconnu,mais sans doute de la plus haute importance, avait renoué leurs rela-tions d’amitié, quoiqu’ils habitassent, l’un l’Angleterre, et l’autre laFrance .
Échappé des déserts de Synamary, Pichegru vint chercher un asileà Londres , où il prétendait avoir des droits à réclamer la protectiondes Bourbons, de l’émigration et du ministère : on le reçut avec toutela faveur d’une victime révolutionnaire ; le parti royaliste s’aveugla