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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4804.même au point d’en attendre encore le succès de ses anciennes espé-rances ; mais Pichegru, dont l’Europe entière connaissait la trahison ,s’était rendu justice. Il sentit bien qu’un pareil souvenir ne pouvait êtreéteint dans l’armée ; que le premier consul, qu’il regardait comme sonennemi personnel, possédait les moyens de le déshonorer de nouveauauprès des citoyens et des soldats, et qu’il devait se rabaisser à un rôlesecondaire, au heu de reprendre celui de Monck , auquel l’avaient ap-pelé , à l’armée du Rhin, en 1795, la confiance de Louis XYIII, celledu prince de Condé que son serment l'obligeait à combattre , et la po-litique corruptrice de l’Angleterre. En conséquence, il désigna auxprinces français et au cabinet de Londres , pour le placer à la tète de lacontre-révolution , le général Moreau , le vainqueur de Hohenlinden ,celui que l’on qualifiait de chef militaire de l’opposition qui s’élevaitcontre Bonaparte , et de représentant de la cause républicaine. Le rap-prochement entre ces deux généraux avait été habilement ménagé àParis, en 1802, par l’abbé David, ancien curé, ami de Pichegru . L’abbéDavid ayant été arrêté à Calais, Pichegru envoya de Londres , à Moreau,le général Lajolais , fils d’un fermier de la baronne de Reich, parente desgénéraux Klinglin et Wurmser, attachée en Allemagne au parti anti-français. Il ne s’agissait plus de réconciliation, mais de confidencescontre-révolutionnaires de la part de Pichegru . Au nom des princesfrançais et du gouvernement britannique, on arrêta un plan de conspi-ration ; Lajolais en fut porteur, et repartit pour Londres après avoirconféré à Paris avec Moreau. Les conjurés d’outre-mer furent divisés entrois bandes, auxquehes on marqua trois lignes, partant de la falaisede Béville, pour leur voyage jusqu’à Paris . Le 21 août 1803, s’opéraun premier débarquement, commandé par Georges Cadoudal ; un se-cond, dont Coster Saint-Victor faisait partie, le 10 décembre; et untroisième, où se trouvaient Pichegru et Lajolais, le 16 janvier. Unquatrième, plus important, devait encore avoir lieu; les vents con-traires l’empêchèrent : c’était celui qui amènerait en France un princefrançais. Georges et deux de ses affidés allèrent au-devant de Pichegru à la ferme de la Potherie, dernière station de la route des conjurés.

Plusieurs étaient déjà arrêtés; on apprit par leurs dépositions, et parcelle de son propre frère, que Pichegru était descendu à Chaillot, chezGeorges, sous le nom de Charles, et qu’il avait occupé divers logementsà Paris Ceux qui ne connaissaient pas ce général, déclarèrent que,