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Tome premier.
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418
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418 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.

« de voir que le séjour des émigrés dans ses états est préjudiciable au« repos de l’empire et suspect au gouvernement français . Par consé-« quent, etc., etc. »

Jamais un petit état ne donna une preuve plus complète de sa fai-blesse à un voisin puissant.

Peut-être aussi, d’après ce document remarquable de la chancelleriede Carlsruhe, la violation à main armée du territoire de Bade , paysami de la France , ne constituait-elle pas un crime aussi grand qu’on leprétendit alors.

Le duc d’Enghien fut pris dans son lit, le 15, à cinq heures du ma-tin ; le marquis de Thumery, le colonel baron de Grünstein, le lieute-nant Schmidt, l’abbé Wenborn, l’abbé Michel, M. de Saint-Jacques , se-crétaire du duc, et trois de ses gens,furent arrêtés. Alors seulement lecommandant de gendarmerie reconnut que le général Dumouriez n’étaitautre que le général Thumery. Le prince lui déclara que jamais Dumou-riez n’était venu à Ettenheim , et qu’il ne l’aurait pas reçu s’il y était venu. Ildit qu’il estimait Bonaparte comme un grand, homme; mais qu’étant prince dela maison de Bourbon , il lui avait voué une haine implacable. On le trans-féra à la citadelle de Strasbourg , où il séjourna le 16 et le 17. Le 18,dans la nuit, il partit en poste pour le château de Yincennes, où il ar-riva le 20 à neuf heures du soir. Une commission militaire, composéed’un général de brigade, président, de six colonels, d’un capitaine rap-porteur et d’un capitaine greffier, se transporta à Yincennes, en vertude l’ordre du gouverneur de Paris , d’après l’arrêté du gouvernementdu 19 ventôse, qui déclarait le duc d’Enghien prévenu d’avoir porté les ar-mes contre la république; d’avoir été et d’être encore à la solde de l’Angleterre;défaire partie de complots tramés par cette dernière puissance contre la sûretéintérieure et extérieure de la république. Interrogé à minuit par le capitainerapporteur, le prince déclara qu’il n’avait jamais vu Pichegru ; que le géné-ral avait désiré le voir; qu’il se louait de ne l’avoir pas connu, d’après les vilsmoyens dont on dit qu’il a voulu se servir, s’ils sont vrais;... qu’il avait tou-jours commandé l’avant-garde dans l’armée de son grand-père; qu’il n’avaitpour vivre que le traitement que lui faisait l’Angleterre, c’est-à-dire cent cin-quante guinêes par mois. Avant de signer le procès-verbal de ce premierinterrogatoire, le prince écrivait au bas : Je demande une audience au pre-mier consul; mon nom, mon rang, ma façon de penser et l’horreur de ma si-tuation, me font espérer qu’il ne se refusera pas à ma demande. A la com-