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Tome premier.
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420
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420 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.

Dans ses Mémoires (t. II, p. 228), Napoléon dit encore :

« Le duc d’Enghien périt parce qu’il était un des auteurs principauxdelà conspiration de Georges, Pichegru et Moreau.... Le duc d’Enghienfigurait déjà, depuis 1796 , dans les intrigues des agents de l’Angle-terre , comme le prouvent les papiers saisis dans les caissons de Klin-glin , et les lettres de Moreau au directoire , du 17 fructidor 1797. »

On a dit et répété que Bonaparte avait beaucoup d’intérêt à voir, àquestionner lui-même le duc d’Enghien , après son jugement ; je le disaussi, et il est certain que le conseiller d’état Réal attendait chez lui,le 21 mars au matin, l’ordre d’aller interroger le duc , quand Harel,commandant du château de Yincennes, vint lui apprendre que l’exécu-tion avait eu lieu. Réal fut si étonné , qu’il crut que Harel lui parlaitde l’évasion du prisonnier. Au reste, tout homme qui a connu Bona-parte ne peut douter que , s’il eût admis le duc d’Enghien en sa pré-sence , le descendant du grand Condé aurait vécu , pour servir d’otagepeut-être ; et de sanglants stigmates ne marqueraient point la fin de sesbeaux jours consulaires. Quant au jugement de ce malheureux prince,il porte : « Le président ordonne que le présent jugement sera exécuté desuite. »

Napoléon s’explique ainsi à lui-même la mort du duc d’Enghien(t. II, p. 340,341 de ses Mémoires) :

« La commission militaire a dû le condamner si elle l’a trouvé cou-pable. Innocent ou coupable , Caulaincourt et Ordener ont dû obéir :coupable , la commission militaire a dû le condamner ; innocent, elleeût dû l’acquitter ; car aucun ordre ne peut justifier la conscience d’unjuge.... La mort du duc d’Enghien doit être attribuée aux personnesqui dirigeaient et commandaient de Londres l’assassinat du premier con-sul , et qui destinaient le duc de Berri à entrer en France par la falaisede Béville, et le duc d’Eughien par Strasbourg . Elle doit être attribuéeaussi à ceux qui s’efforcèrent, par des rapports et des conjectures , ®le présenter comme chef de la conspiration. Elle doit être éternellementreprochée enfin à ceux qui, entraînés par un zèle criminel, n’attendirentpoint les ordres de leur souverain pour exécuter le jugement de la commis-sion militaire. Le duc d’Enghien périt victime des intrigues d’alors ;sa mort, si injustement reprochée à Napoléon , lui nuisit et ne lu 1fut d’aucune utilité politique. Si Napoléon avait été capable d or-donner un crime, Louis XYIII et Ferdinand ne régneraient p°> ut