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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 4804.timents que leur conscience leur inspire. Ainsi, tels défenseurs deBonaparte contre les Jacobins défendaient Moreau contre le premierconsul.

Cette digression trouvera grâce, je l’espère, auprès des lecteurs équi-tables qui n’ont accordé les honneurs divins ni à la convention ni à Bo-naparte ; elle pourrait paraître au moins oiseuse à ces quelques privilé-giés de tous les gouvernements, qui, saturés d’impunités, de richesses,d’honneurs, ingrats du passé, désintéressés de l’avenir, se reposent dansle sein d’une sorte d’apathie glorieuse, et indifférente désormais à ceque leur pays a éprouvé, à ce qu’ils ont été eux-mêmes. Je reviens àmon fait.

Il ne manquait plus, depuis les voyages du capitaine Bosey à Munich ,àStuttgard, et la saisie des papiers de la baronne de Reich, aucun ren-seignement sur les machinations ourdies dans l’Allemagne électoralecontre la république et le premier consul. Bonaparte résolut, en consé-quence, de décider la conviction publique, en mettant sous les yeux del’Europe par la voie du Moniteur, les pièces de correspondance de Drakeet de Méhée, et postérieurement celles qui concernaient la mission ducapitaine Bosey. Deux rapports du grand juge accompagnèrent la pu-blication de ces étranges documents. Le 24 mars, M. de Talleyrand adressa cette circulaire à tous les membres du corps diplomatique rési-dant à Paris :

■■ Messieurs,

« Le premier consul m’a donné l’ordre d’adresser à Y. E. un exem-plaire du rapport qui lui a été présenté par le grand juge sur une con-spiration incidente tramée en France par M. Drake, ministre de S. M. B-près la cour de Munich, et qui, par son objet comme par sa date, serattachait à l’infâme complot que dans ce moment les tribunaux s’occu-pent déjuger.... Une telle prostitution de la plus honorable fonctionqui puisse être confiée à des hommes, était sans exemple dans l’histoiredes nations civilisées. Elle étonnera, elle affligera l’Europe comme lescandale d’un crime inouï, et que jusqu’à ce moment les gouvernementsles plus pervers n’avaient osé méditer. Le premier consul connaît trop lessentiments et les qualités qui distinguent le corps diplomatique accréditeauprès de lui, pour n’être pas convaincu qu’il verra avec une profonde