HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1804. 423
douleur la profanation du caractère sacré d’ambassadeur indignementtravesti en ministre des complots d’embauchage et de corruption.
* Taixeyrand. >■
Le ministre reçut successivement des réponses, dans le sens de cettenote, du cardinal Caprara, légat à latere du saint-siège, du comte deCobentzel, ambassadeur d’Autriche , du marquis de Lucchesini, mi-nistre de Prusse, de M. Schimmelpenninck, ambassadeur batave, dubaron de Dreyer, ministre de Danemark , du marquis de Gallo, ambas-sadeur de Naples, de M. Cetto, ministre de Bavière , du comte de Bu-nau, ministre de Saxe, du comte de Beust, ministre du prince primat,du baron de Pappenhein, envoyé de Darmstadt, du bailli de Ferrette ,ministre de Malte , de M. Abel, résident des villes libres de l’Empire, deM. Ferrari, envoyé de Gènes, de M. Belluoni, envoyé de Lucques , deM. de Mailliardot, ministre helvétique, de M. deSouza, envoyé de Por-tugal, de M. d’Oubril, chargé d’affaires de Russie , de M. Lhvington,ministre des États-Unis , du baron de Staub, envoyé de Wurtemberg,du baron de Dalberg, ministre de Bade, de M. d’Hervaz, chargé d’af-faires d’Espagne et d’Étrurie, de M. Marescalchi, envoyé de'la répu-blique cisalpine, et de M. de Malsbourg, envoyé de Hesse-Cassel . Ladiplomatie britannique fut condamnée par les représentants de toutesles puissances de l’Europe , dont une partie se ralliait secrètement à laGrande-Bretagne par des intérêts analogues aux projets qui venaientd’être dévoilés.
Le 31 mars, M. de Mongelas, principal ministre de l’électeur de Ba-vière , en adressant à M. Drake la copie imprimée de sa correspondanceavec le citoyen Méhée, l’informait par une note : « Que l’électeur de-vait à sa dignité, à son honneur, à l’intérêt de son peuple, de lui dé-clarer que, dès ce moment, il lui était impossible d’avoir aucune com-munication avec lui et de le recevoir désormais à sa cour.
L’électeur de Wurtemberg suivit l’exemple de la Bavière , et le mi-nistre anglais Spencer Smith s’enfuit honteusement de Stuttgard . Jamaisl’opinion de l’Europe ne fut aussi éclairée sur aucune manœuvre poli-tique , que sur celle qui déshonora si justement alors le cabinet de Saint-James.
Le second rapport du ministre de la justice au premier consul se ter-minait ainsi : « Je demande donc avec instance, et tous mes devoirs