434 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.
mineurs religieux qui veulent se loger dans les souterrains de son gou-vernement. Mais ils sauront bien y entrer un jour, sous la protectionde son oncle, le cardinal Fesch, qui s’est chargé des représailles ecclé-siastiques sur les conquêtes de la révolution. Sorti du sein de cetterévolution, et condamné sans elle à l’obscurité, Fesch laissera aprèslui ce funeste héritage à cet empire des Gaules dont il fut le primat.Mémorable exemple de ce fatal esprit de l'Église romaine, qui ne connaitni famille ni patrie !
Quand Napoléon arriva au pouvoir consulaire, le ministère de la po-lice générale, dont Fouché avait voulu faire le principal auxiliaire du18 brumaire, existait déjà ; dès la première année, il supprima ce mi-nistère et le réunit aux attributions du ministre de la justice. Cepen-dant, depuis lors, sa vie avait été plusieurs fois en danger, et quoi-qu’il eût bien reconnu que les formes de la justice, qui sont lentes,parce qu’elles ne sont que protectrices, ne pouva’ent atteindre, encoremoins prévenir la rapidité et la diversité de tels attentats, soit parune sorte d’indifférence pour le péril qui lui était personnel, soit parsa répugnance secrète pour un semblable ministère , il s’était, jusqu’àF avènement à l’empire , refusé à le rétablir. Mais au moment où il en-trait dans une nouvelle existence, où, loin de pouvoir espérer unejouissance paisible de la couronne, il devait s’attendre, d’après laseule attitude des Anglais , à être au moins autant le commandant deses armées que le souverain des Français , il crut devoir opposer auxennemis intérieurs une force domestique capable d’imposer à leurscomplots, et il ressuscita le ministère de la police. Malheureusementil en rendit le portefeuille à ce faux républicain qui avait si chaude-ment servi la terreur conventionnelle , et si bien trahi la faiblesse di-rectoriale : Fouché de Nantes, qu’il faut à jamais appeler Fouché deLyon, fut chargé de surveiller la France et l’Europe .
Malgré cette preuve de confiance si peu méritée, par conséquent sipropre à exciter une reconnaissance éternelle , Napoléon ne sera pastoujours dans le secret de Fouché . Toutefois l’Empereur, qui seul con-nait ce qu’il veut faire , plane sur ses destinées futures à l’insu de toutce qui l’entoure, et il ne voit dans son ministre de la police générale,que le concierge de sa politique intérieure, quand les événements quipeuvent le menacer le conduiront hors de la capitale ou loin des fron-tières que la république a tracées par ses victoires autour de son empire*