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Tome premier.
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430 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.

chai Soult celui de Boulogne ; le général Junot Saint-Omer, où il estremplacé par le général Oudinot, qui se voit aussi mettre à la tète de cefameux corps de grenadiers illustrés par tant de •victoires. Le généralMarmont commande l’aile droite en Hollande ; il a sous ses ordres lamarine de ce pays pour rembarquement de ses troupes. Le port deBoulogne contenait déjà neuf cents bâtiments : ceux d’Étaples , de Yi-raereux , de Calais, de Dunkerque en étaient remplis. Le port d’Am-bleteuse , également recreusé et reconstruit, attendait les cinq centsYoiles de la flottille batave, sous la conduite de l’amiral Yerhuel; elleformait l’aile droite et devait porter les troupes du maréchal Davoust.Le 16 mai 1804, après les plus habiles manœuvres et une brillante ac-tion avec le commodore Sidney Smith , l’amiral Yerhuel faisait entrerdans le port d’Ostende la première division de sa flottille; la secondesuivit de près avec le môme danger et le même bonheur. Les Anglais n’obtinrent pas plus de succès devant Brest et Harfleur , où une flot-tille força leurs escadres à une fuite honteuse. Les 17, 23 juillet et1" août suivants, nos ennemis essayèrent aussi, mais inutilement, d’in-cendier le port du Havre. Les divisions françaises en sortirent, et touteselles arrivèrent, non sans combat, à leur destination. Le contre-amiralMagon et le capitaine de vaisseau Montcabrié eurent des affaires glo-rieuses avec les croisières anglaises, l'un devant Calais , l’autre devantBoulogne . Acclimatées à ce nouveau genre de guerre, les troupes deterre, même celles de grosse cavalerie, qui bivaquaient par divisionsur les bateaux de la flottille, sollicitaient l’honneur de former les gar-nisons des corsaires et des navires qui appareillaient. Elles portèrentquelquefois leur audace jusqu’à l’embouchure de la Tamise , où les gre-nadiers capturèrent des bâtiments marchands et une corvette. Nelson étaitégalement repoussé, dans les parages de Toulon, par l’amiral Latouche-Tréville , qui commandait toutes les forces navales de la Méditerranée,comme à Boulogne l’amiral Bruix toutes celles de l’Océan et spéciale-ment les flottilles contre l’Angleterre. Cette puissance connut peut-êtremieux que la France , où l’on chansonnait la flottille, le danger de l’ex-pédition dont la ville de Boulogne était à la fois le chantier principal,l’arsenal, le port et la citadelle.

Le 8 juillet, Napoléon part de Saint-Cloud pour aller visiter ces campsredoutables qui menacent l’Angleterre. A Boulogne , dès son arrivée,il passe la revue des troupes, des flottilles; à Vimereux, à Calais , à