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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1804.

Dunkerque, à Fûmes, à Nieuport, à Ostende , il fait manœuvrer les ré-giments ; il a été vu de tous les soldats de l’armée expéditionnaire. Sile motif ostensible de son voyage est de Mter les apprêts maritimescontre la Grande-Bretagne, il a encore le but bien légitime de montrerà cette armée, qu’il connaît depuis longtemps, l’empereur des champsde bataille : aussi va-t-il, en l’appelant tout entière au serment et à larécompense des braves, éterniser le souvenir de ce voyage. Le 19 août,il est de retour à son quartier général du Pont de Brique à Boulogne :l’armée y arrive de tous les côtés ; l’étoile de la Légion la guide vers latour d’Ordre, qui reprend son nom de tour de César.

En creusant la terre pour le campement du premier consul, on avaittrouvé une hache d 1 armes romaine, et à Àmbleteuse des médailles deGuillaume le Conquérant . La même année, en creusant à la tour d’Or-dre pour établir la baraque de l’Empereur, on découvre les traces d’uncamp romain. L’époque est si grande, qu’une sorte de merveilleuxs’attache, partout où paraît Napoléon , aux choses les plus simples.Mais afin que rien ne manque à l’illustration que l’Empereur et l’arméedoivent recevoir de cette imposante cérémonie, elle a beu le lendemain,16 août, jour de la fête de Napoléon .

Quatre - vingt mille hommes des camps de Boulogne et de Montreuil sont réunis sous les ordres du maréchal Soult, pour assister à lasolennité.

A la droite du port, au-dessous de la tour de César, la nature a tracéun vaste amphithéâtre au centre duquel s’élève un trône sur un socletriomphal. Les colonnes de l’armée y sont dirigées comme autant derayons qui figurent ceux de l’étoile de l’honneur, magnifique expres-sion de cette langue héroïque que parlèrent les arts sous le règne deNapoléon ! Entouré de ses frères, de ses maréchaux, de ses grands of-ficiers, Napoléon prononce le serment de l’Ordre : il est répété avecenthousiasme par tous les récipiendaires, disposés en pelotons à la têtede chaque colonne. Après le serment, les décorations sont distribuéesaux légionnaires. Un vivat général de l’armée salue cette brûlante inau-guration de l’Ordre du mérite français, et la même exaltation prononcele serment de fidélité à l’Empereur. Par la plus heureuse conjoncture ,car la fortune alors accompagnait, comme la gloire, les pas du héros dusiècle, le capitaine de vaisseau Daugier pénétrait dans le port de Bou-logne avec une division du Havre , forte de quarante-sept voiles, au