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Tome premier.
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439
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1801. 439

Pendant son séjour à Boulogne, Napoléon donna une nouvelle orga-nisation toute militaire à l’École polytechnique . Nourris dans les idéesrépublicaines, les élèves n’avaient pas accueilli la création de l’empireavec une grande faveur; désormais ils eurent des uniformes, et furentassujettis à la discipline des casernes. L’école n’en resta pas moins lapremière de l’Europe, et garde encore son rang aujourd’hui. Napoléon data également du camp de Boulogne le mémorable décret des prixdécennaux : cette haute récompense, pour laquelle doivent concourirtoutes les sciences et tous les beaux-arts, consacrera l’époque d’unerestauration, car elle sera décernée le 18 brumaire. Neuf grands prix,de 10,000 fr. chacun, sont institués : deux appartiennent à l’inventeurde la machine la plus utile aux arts et aux manufactures; un autre aufondateur de l’établissement le plus avantageux à l’agriculture et à l’in-dustrie nationale ; la première distribution est fixée au 18 brumaire del’an XVIII (novembre 1809). Le calendrier de l’empire est encore répu-blicain.

Tandis que l’empereur des Français préparait, sans le savoir, sonarmée d’Angleterre à une guerre d’Allemagne, François II ajoutait àses titres celui d’empereur héréditaire d’Autriche , comme s’il prévoyaitque ce fût le seul que Napoléon dut lui laisser. Cependant, de Bou-logne , Napoléon est parti pour Aix-la-Chapelle. On rapporte qu’à Arras le préfet lui dit : Dieu, créa Bonaparte et se reposa. Napoléon , qui ne sereposait point, quitta Arras après avoir passé en revue la réserve degrenadiers commandée par Junot, traversa Valenciennes, Mons , et ar-riva le 3 septembre à Aix-la-Chapelle . Dans cette antique résidence dupremier empereur des Français , il retrouva et il s’appliqua, comme unancien héritage, les souvenirs de Charlemagne ; niais une démarchepolitique, d’une haute importance pour Napoléon , signala ce séjourd’Aix-la-Chapelle : dans le grand conseil où l’empereur d’Allemagne résolut, le 10 août précédent, de prendre le titre d’empereur hérédi-taire d’Autriche , ce prince s’était décidé également à reconnaître l’avé-nement de Napoléon . Lors de la notification de cet avènement auxcours étrangères, l’Autriche avait consulté la Russie sans en obtenir deréponse. Plus voisine de la France , elle sentit avec raison que son si-lence sur une pareille communication équivaudrait à une rupture ; et,comme elle ne se trouvait pas encore en état de la déclarer, le comtede Cobentzel, son ambassadeur, reçut ordre d’aller à Aix-la-Chapelle