440 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1804.
remettre ses nouvelles lettres de créance à Napoléon . Le même jour5 septembre, M. de Talleyrand présentait pareillement au nouvel em-pereur le comte de Lima et M. de Souza, l’un ambassadeur extraordi-naire, l’autre envoyé extraordinaire du prince régent de Portugal ; lebailli de Ferrette , ministre de l’ordre de Malte, et le marquis de Gallo,ambassadeur de la cour de Naples .
Fondateur d’une dynastie, comme Pépin, Napoléon voulut aussi quele souverain pontife passât les monts pour lui conférer l’onction impé-riale. Le saint-siège, déjà préparé à la reconnaissance de l’empire parle concordat consulaire, ne balança pas un seul moment. Indépendam-ment de ce fait, la conduite d’Étienne III , qui, en 754, était venusacrer Pépin le Bref , ses deux fils et leur mère, suffit à la cour deRome, soit pour reconnaître, soit pour sacrer l’empereur des Français .Le pape Zacharie, prédécesseur d’Etienne, avait dit le grand mot decette politique : Celui-là est roi, qui en a la puissance.
L’évèque d’Imola , qui, le 23 décembre 1797, prêchait à ses ouaillesles principes de la démocratie, avait ceint la tiare, et le général répu-blicain Bonaparte, qui commandait alors en Italie , s’était érigé untrône. On priait donc à Rome , et, par les ordres du saint-père, danstoute la catholicité, pour l’empereur Napoléon et pour sa famille,comme on avait prié pour le premier consul.
Quant à l’Espagne , elle n’avait pas eu besoin de l’exemple de la courpontificale pour reconnaître Napoléon . La tradition politique des deuxétats et leur alüance remontaient également à la république, commecelle de la cour de Prusse et du grand-duché de Toscane .
Ainsi, tous les gouvernements catholiques saluaient Napoléon dutitre impérial : c’était une immense conquête, sinon sur les souvenirs,au moins sur les passions de la royauté européenne. Napoléon recueil-lait amplement les fruits du concordat de 1801. Le succès de la négo-ciation avec Pie VII mit le comble à ce triomphe. On sent toute l’im-portance que cette grande cérémonie du sacre, célébrée au sein de lacapitale, dans la basilique métropolitaine, devait avoir aux yeux deNapoléon ; en effet, elle sanctionnait sou élévation aux yeux des peuplesde toute la chrétienté, et leur interdisait, aL si qu’à leurs souverains,tout reproche d’usurpation.
D’Aix-la-Chapelle l’Empereur partit pour Mayence , où il arriva parla route nouvelle, après avoir visité Juliers Cologne et Coblentz . U