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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. -Uô

de Napoléon à l’empire devint aussi un nouveau grief pour le descen-dant des Romanoff. Un échange de notes hostiles, une véritable guerrede récrimination , avait eu lieu entre les cabinets de Pétersbourg et desTuileries. Le chargé d’affaires, d’Oubril, était parti de Paris le 29 aoûtde l’année précédente, après la remise d’une note très-hostile, et ladiète de Ratisbonne avait accueilb les déclarations de l’empereurAlexandre. La Russie était donc publiquement engagée à ne pas recon-naître l’empereur des Français. Le cabinet de Londres avait habilementprofité de ces circonstances pour décider celui de Pétersbourg à rompreavec la France , et à signer avec lui un traité le 8 avril 1805. De soncôté , la Russie avait déterminé le divan à refuser de reconnaître l’em-pereur Napoléon ; en sorte que le maréchal Brune s’était vu dans lanécessité de quitter Constantinople , comme le général HédouvillePétersbourg. Des flottes russes avaient franchi les Dardanelles et leSund : elles menaçaient l’Italie , débarquaient des troupes aux îlesIoniennes , et semblaient marcher de concert avec les flottes britan-niques. J’ai parlé déjà de l’augmentation des forces de l’Autriche sur lafrontière itahenne. Dans cette conjuration de tant d’éléments hostiles,Napoléon se trouvait forcé de conquérir, sur la plus redoutable partiede l’Europe, le trône où la France venait de l’appeler. Mais , dans l’es-poir sans doute que l’opinion de la nation anglaise, qu’il sait contraireà cette guerre toute de passion, pourra entraîner le ministère, Napoléon donne encore un gage de ses intentions pacifiques en renouvelant auprèsdu roi de la Grande-Bretagne la démarche généreuse et franche quimarqua les premiers pas de Bonaparte dans la carrière consulaire. Enconséquence , il écrit directement à ce prince , le 2 janvier 1805 :

« Monsieur mon frère , appelé au trône de France par la Providenceet par les suffrages du sénat, du peuple et de l’armée , mon premiersentiment est un vœu de paix. La France et l’Angleterre usent leurprospérité. Elles peuvent lutter des siècles. Mais leurs gouvernementsrempUront-ils bien le plus sacré de leurs devoirs ? Et tant de sang verséinutilement et sans la perspective d’un but, ne les accuse-t-il pas dansleur propre conscience? Je n’attache point de déshonneur à faire lepremier pas. J’ai assez, je pense , prouvé au monde que je ne redouteaucune des chances de la guerre ; elle ne m’offre d’ailleurs rien que jepuisse redouter. La paix est le vœu de mon cœur ; mais la guerre n’ajamais été contraire à ma gloire. Je conjure Y. M. de ne pas se refu-