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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1805.sible de répondre plus particulièrement à l’ouverture qui lui a été faite,jusqu’à ce qu’elle ait eu le temps de communiquer avec les puissancesdu continent avec lesquelles elle se trouve engagée par des liaisons etdes rapports confidentiels, et particulièrement avec l’empereur de Rus-sie , qui a donné les preuves les plus fortes de la sagesse et de l’éléva-tion des sentiments dont il est animé, et du vif intérêt qu’il prend à lasûreté et à l’indépendance de l’Europe . »

Voilà la lettre qui décida du sort du monde européen . C’était unefroide et vague paraphrase de l’arrêt de mort prononcé par l’oligarchieanglaise contre la France et Napoléon, à la rupture du traité d’Amiens .Cinq jours après cette réponse au cabinet de France , le cabinet de Saint-James remettait à l’ambassadeur de Russie, à Londres , une note où ilétait proposé à son gouvernement de coopérer à enlever à la France toutes ses conquêtes et à la réduire aux limites de 1792; à dépouillerégalement ses alliés, et entre autres la maison d’Espagne , de ses inté-rêts en Italie, au profit de la Toscane ; à agrandir le Piémont de l’étatde Gènes, à replacer l’Autriche en Lombardie, et à réunir les Pays-Bas à la Prusse. Tel était le nouveau droit public que Pitt improvisait le19 janvier, d’après l’assurance que l’ambassadeur russe avait donnéede l’accord secret de la cour de Vienne .

Jamais on ne vit la politique respective de l’Angleterre et de la France réduite à une plus simple expression. Ces deux puissances étaient éga-lement convaincues que la paix générale assurait la domination de Na-poléon ; donc l’une des parties avait, pour demander sans cesse cettepaix, les mêmes raisons que l’autre pour n’y pas consentir. Cependantles propositions de Napoléon trouvèrent sur les bancs de l’oppositionanglaise un énergique protecteur dans son chef l’orateur Fox. De soncôté, l’Empereur ordonna de communiquer ces propositions, ainsiquela réponse de lord Mulgrave, aux trois corps de la législature, le 4 fé-vrier. La franchise de cette communication porta au plus haut degrél’enthousiasme public déjà exalté par la générosité de la démarche faiteauprès de Georges III . La guerre que sanctionnait ainsi l’opinion, laguerre devint, par ce nouveau refus du cabinet de Londres , le seul, levéritable, le légitime refuge de la France et de Napoléon . Toutes lesguerres continentales qui vont ensanglanter l’Europe n’auront doncd’autre but, de la part de la France , que d’obtenir à force de triomphesla paix générale. Mais cette paix sera refusée constamment, sous le pré-