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Tome premier.
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449
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. 449

Cette convention, par laquelle l’Espagne s’engageait à tenir à la dispo-sition de son allié trente vaisseaux et cinq mille hommes de débarque-ment , renfermait aussi le détail des forces de terre et de mer rassem-blées dans les divers ports de l’empire : au Texel, trente mille hommessous le général Marmont, avec les bâtiments de transport nécessaires ;à Ostende, Dunkerque, Calais , Boulogne, au Havre, des flottilles pro-pres à porter cent mille hommes et vingt-cinq mille chevaux ; à Brest ,vingt et un vaisseaux de ligne et des transports pour un camp de vingt-cinq mille hommes; à Rochefort, six vaisseaux, quatre frégates, avecquatre mille hommes de troupes ; enfin, à Toulon , onze vaisseaux, huitfrégates et des transports pour neuf mille hommes. Ainsi, au momentoù Napoléon se proposait de demander directement la paix à l’Angle-terre , il comptait cent quatre-vingt-treize mille hommes prêts à êtreembarqués sur soixante-neuf vaisseaux de ligne , et plus de deux centsbâtiments de guerre et de transport, tous armés , n’attendant que sonsignal ou l’espérance de six heures de calme pour voguer vers la Tamise .

Pendant son séjour à Mayence, Napoléon avait arrêté les dispositionsde ses forces navales, et 1er avait divisées en trois expéditions : la pre-mière aux Antilles , sous les ordres du contre-amiral Missiessy et dugénéral Lagrange ; la seconde , sous les ordres du général Lauriston ,dirigée contre Surinam , alors au pouvoir des Anglais ; la troisième setrouvait confiée au général Beille, qui devait s’emparer de Sainte-IIélène. Ce fut peu de jours après son sacre, que Napoléon régla défi-nitivement tout ce qui concernait l’occupation de cette île. La réunionde l’île d’Elbe à la république avait également suivi de près la procla-mation du consulat à vie. Il semblait qu’une destinée mystérieuse eûtvoulu désigner aux deux élévations de Napoléon les apanages de sesdeux infortunes.

Au milieu des immenses préparatifs que Napoléon multipliait danstous les ports de la France , de l’Espagne, de la Hollande et de la Bel-gique, pour triompher de l’Angleterre à Londres , ou pour la contraindreà la paix, une nouvelle couronne, la couronne de fer des rois d’Itahe ,vient se placer sur son front : c’est celle de la gloire républicaine.Napoléon l’avait proposée à son frère Joseph; mais l’abolition du traitépar lequel l’Italie s’engageait à nous payer une contribution annuellede 30 millions pour l’entretien d’une armée française de 30,000 hommesdestinés à la défendre, étant la condition de l’acceptation de Joseph,

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