Band 
Tome premier.
Seite
450
JPEG-Download
 

450 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1805.

Napoléon accepte pour lai le vœu de la nation italienne . En mêmetemps, dans le but de rassurer l’Europe et surtout la maison d’Autriche ,il promet de donner ce trône à un fds adoptif, et de le séparer à jamaisde celui de France , aussitôt que Malte aura été rendue par l’Angleterre,et la république des Sept-Iles évacuée par la Russie . Il devait alorsévacuer aussi l’état napolitain et ménager ainsi l’indépendance de l’étatlombard. La députation solennelle de Milan, qui apporte à Napoléon levœu du peuple italien, tirée des grands corps du nouveau royaume,la même qui, conduite par M. Melzi , président de la consulte, aassisté à Paris au couronnement, est présentée au sénat. Napoléon s’yest rendu le 28 mars, mois si historique dans sa vie. <> Le génie du mal,dit-il alors, cherchera en vain des prétextes pour mettre en guerre lecontinent. Ce qui a été réuni à notre empire par les lois constitution-nelles de l’état, y restera réuni. Aucune nouvelle puissance n’y sera incor-porée.... » Le2 avril, l’Empereur et l’Impératrice quittent leur capitalede France et se dirigent vers leur capitale d’Italie .

Trois jours après, le pape, moins heureux que son illustre allié,repart pour la métropole du monde chrétien. Pie VII avait espéré, enreconnaissance du sacre, recouvrer les légations cédées à la France parle traité de Tolentino, et cette espérance avait, dit-on, porté son con-seil à le prier d’accéder à la demande de Napoléon . Mais si le saint-pères’est éloigné de Rome avec les projets d’un souverain temporel, il n’aété appelé et reçu à Paris que comme souverain spirituel. Napoléon ,devenu roi d’Italie , tient par cela seul le saint-siège sous une dépen-dance plus directe.

Avant d’aller prendre à Milan la couronne de fer, l’Empereur s’ar-rêta à Troyes , où il laissa un moment l’Impératrice, sa cour, sa mai-son. Accompagné de son grand écuyer et de deux officiers, il se renditen toute hâte à Rrienne, où l’attiraient, entre deux couronnements, lessouvenirs de son enfance. Il nG revit pas sans une vive émotion le ber-ceau de son éducation française ; il y retrouva toute la mémoire de sespremières années, reconnut jusqu’aux serviteurs de l’École militaire,dont les ruines l’attristèrent visiblement. Il demanda avec empressementun ecclésiastique qui avait été sous-préfet d’une classe de l’école ; ceprêtre, alors vicaire dans un village voisin, arriva précipitamment,vêtu d’une redingote brune : Pourquoi n’êtes-vous pas en soutane ? lui ditsévèrement Napoléon ; un prêtre ne doit jamais quitter son habit, il ne faut pas