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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805.

Deux ambassades spéciales arrivèrent aussi à Milan ; l’une apportaità Napoléon la décoration du Portugal , l’autre une lettre de félicitationsdu saint-père. Sa Sainteté finissait sa lettre par une sorte de madrigal :« La réciprocité de notre amour, disait-elle, et cette tendresse pater-nelle que nous éprouvons pour vous, nous rendent très-cher ce quivous est glorieux. »

Le 10 juin, l’Empereur partit de Milan pour continuer la revue deses trophées d’Italie : quarante mille hommes commandés par les ma-réchaux Jourdan et Bessières l’attendaient au camp de Castiglione; il yfit, comme à Marengo, une distribution solennelle de la croix d’hon-neur. Ensuite il visita Peschiera, Vérone, l’imprenable Mantoue et laville de Bologne , où il séjourna jusqu’au 21. C’est là qu’il donna au-dience au marquis de Gallo, envoyé par le roi de Naples pour solliciteret garantir la neutralité de ce prince, ainsi qu’à une députation du sé-nat de Lucques, qui demandait à la France un souverain. Peu detemps après, cette petite république, érigée en principauté, devint l'a-panage de la princesse Elisa, depuis grande-duchesse de Toscane . Le21 juillet suivant, l’état de Parme obtenait aussi l’honneur de l’incor-poration au grand empire.

Enfin , le 30 juin, Napoléon entra à Gènes, suivi des ambassadeursde Naples et de Portugal . Le plus imposant éclat accompagna la céré-monie de prise de possession de l’ancienne rivale de Venise . La cathé-drale vit l’Empereur, dans toute la pompe d’un troisième couronnement,recevoir les serments et distribuer les décorations. Ce fut à Gènes quele cardinal Maury , si célèbre par son opposition à la révolution fran-çaise, et admis en 1792 dans le conseil des princes, parut eu présencede Napoléon , qui lui accorda volontiers la permission de revenir àParis .

Le 8 juillet, l’Empereur arriva à Turin , et en partit au milieu d’unGmanœuvre de la garnison. Il allait au-devant des nouvelles de la flottede Villeneuve. Le 11 , il était à Fontainebleau. Napoléon y apprit lesecond combat de la flottille batave , qui, sous lès ordi’es de l’amiralVerhuell, triompha, les 17 et 18 juillet, des efforts de la croisière an-glaise , réunie le premier jour au nombre de quinze vaisseaux, et le se-cond , forte de quarante - cinq. La flottille parvint à sa destination, auport d’Ambleteuse . Cette action audacieuse, qui plaça l’amiral Verhuellau rang des premiers hommes de guerre de l’Europe , frappa encore