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Tome premier.
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455
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. 455

l’attention par une particularité vraiment chevaleresque, bien con-forme au génie belliqueux des grands militaires de cette époque. Le maréchal Davoust, commandant le camp de Dunkerque , au moment oùappareillait la flottille batave, voulut être volontaire sous le pavillon del’amiral, monta à son bord, qui prit la tète de la ligne de bataille, etfut à la fois un illustre témoin et un historien fidèle de ce beau faitd’armes , dont il partagea les périls et dont la gloire devait lui resterétrangère.

Mais pendant que Napoléon se couronnait à Milan , l’Angleterre ,pressée par le sentiment profond du danger que lui faisait courir l'im-minence de la descente des Français, signait à Pétersbourg un traitédans lequel la Russie s’engageait à lever, moyennant un subside decinquante millions, une armée de cent quatre-vingt mille hommes, pourl’eprendre le Hanovre , affranchir la Hollande et la Suisse , rétablir surson trône le roi de Sardaigne , obtenir l’évacuation du royaume deNaples par l’armée française , et enfin pour donner en Italie une fron-tière à l’Autriche : en un mot, l’Angleterre, qui avait rompu le traitéd’Amiens , armait l’Europe contre celui de Lunéville .

Il est à remarquer que la puissance qui allait accéder publique-ment au nouveau traité de coalition , en renouvela toutes les condi-tions , huit années après , dans les négociations qui précédèrent lecongrès de Prague : tant fut inébranlable, dès l’origine, le système dela politique autrichienne pour l’abaissement de la France ! La cour deVienne , également fidèle aux principes de cette temporisation fraudu-leuse qui masque constamment la marche de son gouvernement, parutd’abord vouloir se contenter du rôle de conciliatrice en se proposantil la France pour intermédiaire entre elle et la coalition des cabinets deLondres , de Pétersbourg et de Stockholm . Bientôt elle cria hautementà la violation du traité de Lunéville , parce que la république italiennese donnait à Napoléon comme royaume; et la république de Gênes à laFrance comme province. Cependant l’Autriche avait son représentant àLunéville , quand l’article 11 stipulait, en faveur des Itaüens et desLiguriens , la liberté de disposer d’eux et d’adopter telle forme de gou-vernement qu’il leur conviendrait de choisir. Comment à cette époque,où elle discuta, où on l’appela spécialement à discuter cette clause, sapénétration ordinaire s’est-elle trouvée en défaut, au point de ne pasprévoir ce que l’Italie et la Ligurie ne prenaient pas trop la peine de