Band 
Tome premier.
Seite
456
JPEG-Download
 

156 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1805.

dissimuler ? Pourquoi ne demanda-t-elle pas franchement une explica-tion sur la nature de l’indépendance réclamée par ces deux états? Laraison en est simple : les ressentiments de l’Autriche signataire à Luné-ville, de l’Autriche immobile dans sa passion comme dans sa politique,se cachaient alors; mais , au moment où se renoua la coalition, ils s’en-veloppèrent tout à coup, pour mieux éclater ensuite, du voile d’uneofficieuse intervention. Cette générosité était calculée; car Yienne avaitégalement pris pai'ti avec Londres, avec Pétershourg, avec Stockholm .L’amhassade du comte de Cobentzel à Aix-la-Chapelle devait couvrircette intelligence. A présent la cour d’Autriche ne se présentait commeintermédiaire que pour gagner du temps et terminer ses armements.Enfin, elle accéda, le 9 août, au traité de la coalition du 11 avril, pourlequel elle s’entendait avec la cour de Pétershourg et par elle avec cellede Londres dès les premiers jours de janvier, et elle accepta une partdans la distribution des subsides anglais . Cette puissance essayait, en1805 , le rôle qu’elle joua depuis en 1813; ce fut en arguant de l’in-fraction du traité de Lunéville qu’elle parut tout à coup en armes dansla Bavière , sans déclaration de guerre, comme depuis elle s’élança surle champ de bataille de Dresde , en accusant la rupture du congrès dePrague .

Le 16 août, au moment où l’Autriche croit Napoléon occupé d’effec-tuer la descente en Angleterre , ses armées se mettent en marche ;quatre-vingt-dix mille hommes s’ébranlent sous les ordres de l’archi-duc Ferdinand, dont la tutelle militaire est confiée à l’impuissante pré-somption du général Mack. Le 7 septembre, ce prince envahit subite-ment la Bavière , dont François II voulait incorporer l’armée dans lasienne. L’Angleterre a fourni à l’Autriche l’exemple d’une pareille vio-lation , en attaquant pendant la paix les navires et les ports d’Espagne .La cour électorale de Munich dut aller se réfugier à Würtzbourg .

Quarante mille hommes, commandés par l’archiduc Jean, prennentposition dans le Tyrol, et cent mille combattants se dirigent versTAdige, sous les drapeaux de l’archiduc Charles, qui part, malgré lui,pour venger les souvenirs d’Italie .

Napoléon avait pénétré le dédale de la ténébreuse politique de l’Au-triche . Il connaissait les engagements secrets de cette puissance avecl’Angleterre et la Russie , et il apprit ces mouvements militaires au campde Boulogne, où il était venu faire une répétition de la descente, pour