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Tome premier.
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459
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805. 459

Avant de quitter Boulogne, l’Empereur érigea le prytauée de Saint-Cyr en prytanée militaire français , à l’instar de l’École spéciale deFontainebleau, où seraient reçus les élèves de Saint-Cyr . Le 4 sep-tembre , l’Empereur est de retour à Paris ; le roi de Naples y avait en-voyé un négociateur qui régla, le 21, par un traité, sa neutralitédésarmée.

Quant au traité qui liait la nouvelle coalition pour la coopérationcommune des forces de l’Angleterre, de la Russie, de l’Autriche et dela Suède contre la France , il portait à plus de trois cent mille hommesles armées autrichiennes. Mais l’Autriche avait mal calculé l’emploi deses troupes ; elle ne rêvait que la conquête de lTtalie, taudis que Napo-léon voulait arriver à Vienne par le Danube. La Russie s’était engagéeà envoyer cent mille hommes en Allemagne pour la fin d’octobre. Ellecroyait être en mesure assez tôt pour arrêter la marche du camp deBoulogne. Un autre corps devait de Corfou débarquer à Naples , s’yréunir aux Anglais et aux Napolitains, et s’avancer sur le Pô, tandisque l’archiduc Charles passerait l’Adige avec sa grosse armée. Un troi-sième corps anglo-russe se réunirait à l’armée suédoise commandée parle roi Gustave, et s’emparerait du Hanovre . Enfin, une quatrième arméerusse, placée sur le Bug, non loin de Varsovie , était destinée à obser-ver au moins la Prusse, et à contenir ou entraîner sa neutralité. Enregard de ces masses immenses qui s’ébranlent de toutes les extrémitésde l’Europe, la France ne compte que deux cent trente-cinq mille com-battants, mais dont cent soixante mille, divisés en sept corps sousBernadotte , Davoust, Ney, Soult, Lannes, Augereau, Marmont, et lacavalerie sous Murat, recevront en Allemagne les ordres de Napoléon ;ainsi la guerre n’est point douteuse pour lui au delà du Rhin . L’invin-cible Masséna est son lieutenant en Italie . Le maréchal n’a, pour luttercontre' l’archiduc Charles, que cinquante mille hommes, et les vingt-cinq mille de l’occupation napolitaine du général Gouvion Saint-Cyr .L’Empereur a adressé de Paris au maréchal, le 17 septembre, un plande campagne par lequel il lui prescrit de commencer les hostilités le 27.Toute l’Europe est en armes. La tâche de Masséna devenait difficile àremplir, car l’archiduc avait pour lui l’immense avantage du nombreet la force de la position. En outre, une flottille armée à Trieste et àVenise, appuyée par des frégates russes , se tenait prête à seconder,aux bouches du Pô et sur les côtes de l’Adriatique , les opérations de