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Tome premier.
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400 HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1805.l’aile gauche du prince. Mais les Français allaient déployer de nouveauleur valeur sur le théâtre de leurs anciens exploits, et si Bonaparte l’Italique ne les conduisait plus, ils avaient pour eux l’audace, l’intré-pidité, le caractère de l’enfant chéri de la Victoire, du héros de Rivoli,du vainqueur des Autrichiens dans vingt batailles couronnées par cellede Zurich .

Cependant Napoléon ne négligeait aucune occasion de donner desgages à l’Europe contre les souveuirs de la république. Le sénatus-consulte du 12 septembre avait rétabli l’usage du calendrier grégorien.Toutefois si l’Europe a cru triompher de la république au 18 brumaire,elle regrette sans doute à présent le consulat et surtout le directoire ,quand elle voit deux grandes couronnes sur la tète du premier capi-taine des temps modernes. Le gouvernement consulaire, sous Bonaparte ,convenait mieux certainement à l’Europe et peut - être à la France . Lesceau de la république n’avait pas été brisé, la majesté de nos frontièresétait une loi qui ne pouvait être transgressée que pour les défendre, etles Français présentaient uu peuple compacte que la prudence ordon-nait de ne pas attaquer dans ses barrières naturelles.

Mais plus la haine se montre violente au dehors contre l’Empereur,plus ardente, plus passionnée est l’exaltation de la France pour Napoléon .Le 23 septembre, il se rendit solennellement au sénat, où son minis-tre des relations extérieures lut l’exposé de ses griefs contre la mai-son d’Autriche . Après cette lecture, deux sénatus - consultes furentproposés : l’un relatif à une levée de quatre-vingt mille hommes sur laclasse de 1806, et le second à la réorganisation des gardes nationales ;car dans les moments de danger, les gouvernements, avertis par la né-cessité, éclairés par le sentiment de leur salut, ont toujours eu recoursdepuis vingt ans à cette belle institution qui fait la force des empires ,et que les étrangers ont imitée dans leurs dernières conjurations contrela France victorieuse. Le sénat décréta les deux propositions et déféra àl’Empereur la nomination des officiers de la garde nationale. Des dé-crets impériaux devaient arrêter son organisation définitive; ils parurentet appelèrent aux armes tous les Français depuis l’âge de vingt et unans jusqu’à soixante. Les bataillons prirent le nom de cohortes ; cetteimmense conscription s’étendait sur tous les départements limitrophes,depuis le Pas-de-Calais jusqu’au lac de Genève ; elle formait quatre ar-rondissements dont les commandements furent donnés à quatre séna-