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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 1805.teurs, les généraux Rampon , d’Aboville, les maréchaux Lefebvre etKellermann ; ces deux maréchaux reçurent de plus le commandementde deux corps d’armée de réserve, l’un à Mayence, l’autre à Strasbourg .Un troisième corps gardait Boulogne sous les ordres du maréchal Brune ;trois camps volants de grenadiers devaient être établis à Rennes , dansla Vendée et au camp d’honneur de Marengo. Le général Collaud gar-dait Anvers et Flessingue . Le prince Louis prit le commandement enBelgique et en Hollande. Un enthousiasme extraordinaire exaltait l’es-prit de l’armée : c’est pour elle aussi qu’elle aime la guerre ; en se pres-sant autour de son empereur, elle sait qu’elle soutient son propre ou-vrage. Les gardes nationales se montrèrent fières d’être arrachées àleurs habitudes paisibles, et de prendre rang dans l’armée pour la dé-fense du territoire.
Napoléon, parti de Paris le 24 septembre, était à Strasbourg le 27;le surlendemain il reçut de tous ses corps d’armée les renseignementsles plus positifs et les plus satisfaisants. Déjà le prince Murat et 1 g ma-réchal Lannes avaient passé le Rhin , et opéré le mouvement à l’aideduquel l’Empereur cherchait à faire croire au général Mack que nousvoulions pénétrer en Souabe par les défilés de la Forêt-Noire, et gagnerla tête des eaux du Danube , pour agir sur la rive droite. En mêmetemps et d’un autre côté, les maréchaux Ney, Soult etDavoust, avaientmarché , le premier sur Stuttgard, le second sur Heilborn, le troisièmesur les hauteurs d’Ingelfmgen et ensuite sur OEttingen au delà du Nec-ker. Les autres corps avaient suivi le mouvement général sur chaquepoint qui leur était indiqué.
L’Empereur lui-même se trouvait le 1 er octobre sur la rive droite duRhin , après avoir adressé à son armée une de ces proclamations quiont prophétisé pendant quinze ans la victoire, sans démentir les parolesde l’oracle inspiré par son génie. L’électeur et les princes de Bade vin-rent à Etlingen au-devant de Napoléon , qui allait combattre pour lapremière fois sur le théâtre de nos triomphes républicains. L’électeurde Bavière mettait toutes ses espérances dans l’appui de Napoléon : lacour de Bade, malgré son penchant pour la Russie , ne pouvait que s’enremettre à la même protection. Cette cour s’était vue obligée de transi-ger par un contingent de quatre mille hommes , qui obéit au drapeaufrançais. La même opération avait eu lieu avec le duc de Hesse-Darm-stadt. Mais il fallut imposer par les démonstrations de la force à l’élec-