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Tome premier.
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464
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46-4 HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1805.

l’exécution d’une si grande combinaison stratégique, le reste de l'ar-mée , d’abord réunie à Stuttgard dans le dessein que l’on a vu, et chargéeensuite de franchir le Danube à vingt ou trente lieues au-dessous d’Ulm,allait prendre à revers la ligne du Lech, et s’établir sur les derrières del’ennemi. L’Empereur porta son quartier général à Donawert, et fitrepasser le Lech au général Murat, pour interrompre la communica-tion entre Ulm et Augsbourg .

Le passage du Danube , l’occupation d’une partie de la Bavière , etla présence d’une armée française qui fermait derrière lui le cercle tracépar Napoléon , frappent, à la fin , de stupeur le général autrichien ;au milieu d’une telle surprise, il rassemble ses troupes sur Piller, dansle fol espoir de nous rejeter au delà du Danube , et de se défendre aumoins jusqu’à l’arrivée de la première armée russe. Pour atteindre cebut, il veut s’emparer du pont de Donawert avec un corps composé dedouze bataillons de grenadiers arrivés duTyrol, et soutenus par quatreescadrons de cuirassiers d’Albert. Murat, en marche avec sept millehommes de cavalerie pour Zusmershaussen , rencontre à Wertingen ,à quatre lieues de Donawert, ce corps d’élite : il manœuvre aussitôtpour l’entourer et lui couper la retraite. Un combat opiniâtre s’engageentre les Français et les ennemis ; enfin , renforcé par le général Oudi-not, venu de Donawert à son secours , Murat disperse la division au-trichienne et lui fait trois mille prisonniers. Nos soldats, d’abordimpatients d’essayer les armes impériales que tiennent encore les mêmesmains qui avaient assuré le triomphe de la cause républicaine , ensuiteélectrisés déjà par les premiers exploits de la campagne , et pleins dusentiment de l’admirable position où leur général les a placés , se per-suadent plus fortement encore, après cette brillante affaire, que lavictoire est montée sur le trône en même temps que Napoléon . L’Em-pereur récompense noblement ses braves sur le champ de bataille. D’uncôté , nous tenons en échec le gros de l’année autrichienne renferméedans Ulm , de l’autre nous faisons des progrès en Bavière . Au combatde Wertingen succède le combat de Gunsbourg : en vain les Autrichiensrésistent avec acharnement, en vain le prince Ferdinand est accourupour soutenir de sa présence le courage des siens à défendre cette po-sition ; le maréchal Ney, secondé par l’héroïsme des troupes, s’emparedu pont et de la ville après avoir fait douze cents prisonniers , enlevésix pièces de canon et tué deux mille hommes aux ennemis. A la suite