Band 
Tome premier.
Seite
484
JPEG-Download
 

484 HISTOIRE DE NAPOLÉON . — 1806.

trée complète dans l’institution de la Légion d’honneur , destinée à ré-compenser tontes les supériorités et tous les services ; la même penséeavait éclaté aussi dans la fondation des prix décennaux. Quatre disposi-tions inspirées par cet esprit d’union des illustrations militaires et civilesfurent également publiées dans le mois de février. Le 19, un décretprescrivit la célébration de la fête de saint Napoléon, et de celle durétabbssement du culte catholique, pour le 15 août de chaque année,jour de l’Assomption et époque de la conclusion du concordat. Par letitre 2, l’anniversaire du couronnement et celui de la bataille d’Auster-litz seraient célébrés le premier dimanche de décembre. Le 20 févrierparut un autre décret, qui, en consacrant l’égbse Saint-Denis à la sé-pulture des empereurs, ordonnait d’élever dans cette égbse trois cha-pelles aux cendres royales des trois races. Le même décret rendait auculte catholique la basilique de Sainte-Geneviève, lui conservait la desti-nation que l’assemblée constituante avait fait graver sur son frontispice :Aux gkaxds hommes la patrie reconnaissante ; les caveaux de ce tem-ple devaient recevoir aussi les cendres des divers dignitaires de l’empire.

Ce qui fait que Napoléon exerça jusqu’en 1812 un empire absolu surles volontés et sur les sentiments des Français , c’est qu’il ne négligeaitaucune occasion de revêtir sa gloire personnelle des hommages dus àla patrie ; mais quand les malheurs furent portés à l’excès, le découra-gement prit subitement toute la place que l’admiration occupait. LaFrance , voyant que son héros n’était point invulnérable, se crut blesséeà mort. Comme il ne pouvait plus la défendre au dehors, elle n’essayapoint de résister chez elle aux peuples qu’elle avait vaincus avec lui.La confiance d’une nation est plus tyrannique que la loi de celui dontelle a embrassé la fortune ; car elle veut que cette fortune dure toujours.

Le 24 février, l’Empereur apprit au spectacle l’entrée de son arméedans le royaume de Naples . Talma reçut ordre d’annoncer cette nou-velle après le premier acte d ’Athalie . Le Moniteur publia cette circon-stance en l’appliquant à la fameuse reine Caroline d’Autriche, et l’ac-compagna de considérations que le temps actuel a rendues la leçon desrois de l’Europe. « Le sceptre de plomb de cette moderne Athalie vientd’être brisé sans retour. Le plus beau pays de la terre aura désormaisun gouvernement ferme, mais libéral. L’Empereur rétablira le royaumede Naples pour un prince français ; mais il le rétablira fondé sur leslois et l’intérêt des peuples, et sur le grand principe que l’existenêe du