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Tome premier.
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HISTOIRE DE NAPOLÉON. — 1806. 499

réserve du grand-duc de Berg, des corps de Bernadotte et Davoust,ainsi que de la garde impériale ; il débouche par Bamberg sur Kronach .Le 8, il paraît devant Saalbourg et ouvre la campagne par une légèrecanonnade qui lui donne le passage de la Saale ; ensuite il se dirige versSchleist et Géra . La droite comprend les corps de Soult et de Ney, etune division de Bavarois : elle se réunit à Baireuth, pour marcherle 9 sur Hoff : la gauche, formée des corps de Lannes et d’Augereau,s’avança sur Schweinfurth, Cobourg, Graffenthal et Saalfeld .

L’Empereur a quitté Bamberg, et d’Ebersdorf il s’est porté surSchleist. Le 9 , à son arrivée, dix mille Prussiens sont chassés de ceposte par le prince de Ponte-Gorvo ; le même jour, Soult s’empare deHoff et des magasins ; le 10, Lannes défait les Prussiens à Saalfeld . Lejeune prince Louis de Prusse, frappé à mort dans un combat avec unmaréchal des logis du 9 de hussards, devient la première victime decette guerre, dont il avait été à Berlin un des champions les plus ardents.

L’armée prussienne, composée de l’élite de la population militaire etdes troupes saxonnes, compte deux cent trente mille hommes. Elle atransporté dans la Saxe le théâtre des hostilités, et se croit tellementcertaine du triomphe, qu’elle a laissé à découvert Berlin et Dresde .Ainsi, dès son entrée en campagne, l’armée prussienne est débordée àsa gauche. Elle occupe Eisenach, Gotha, Erfurth et Weimar . L’arméefrançaise entre le 11 à Saalfeld et à Géra , d’où elle marche bientôt surNaüembourg et léna, petite ville de la Thuringe , qui va obtenir la cé-lébrité de Marengo, d’Austerlitz, etc.... La position des deux arméesprésentait une singularité tout à fait nouvelle dans les annales militaires ;les Prussiens tournaient le dos au Rhin, et les Français bordaient laSaale et tournaient le dos à l’Elbe ; ce renversement étrange décidait àlui seul la question. Les ennemis ont pour eux les souvenirs et ce quireste des soldats du grand Frédéric ; Napoléon a pour lui sa gloire pré-sente et l’armée qui a vaincu à Austerlitz.

Au moment ou les deux partis se trouvent en présence, Napoléon reçoit, sous la date du 5 octobre, la proclamation hostile du prince dela Paix. Ce favori inepte et arrogant, qui ne doit qu’à la protection del’Empereur le pouvoir dont il jouit, que la faveur publique de Napoléon soutient seule contre la violente inimitié de l’héritier du trône et lahaine de la nation, don Godoy, qui a acheté cette faveur toute puis-sante sur la cour et le peuple espagnol par une servilité dont Napoléon

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