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Tome second.
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8 HISTOIRE DE NAPOLÉON. 1807.

plore avec la plus grande confiance la protection paternelle de V. M.,disait-il, afin que non-seulement elle daigne maccorder l'honneur demallier à sa famille, mais quelle aplanisse toutes les difficultés, etfasse disparaître tous les obstacles qui peuvent sopposer à cet objet demes vœux. Cet effort de bonté de la part de Y. M. I. mest dautantplus nécessaire , que je ne puis pas de mon côté en faire le moindre,puisquon le ferait passer peut-être pour une insulte faite à lautoritépaternelle , et que je suis réduit à un seul moyen, celui de me refuser,comme je le ferai avec une invincible constance, à mallier à toute per-sonne que ce soit, sans le consentement et lapprobation positive deV. M. I. , de qui jattends uniquement le choix dune épouse. » Cetteépouse , que Ferdinand attendait du choix de Napoléon , était mademoi-selle Tascher , depuis duchesse dAremberg , à présent remariée à unFrançais ; M. de Beauharnais en avait montré le portrait à Ferdinand,qui en devint amoureux. Cette union était lœuvre de la politique delImpératrice, qui, redoutant dès lors le sort quelle ne devait paséviter, cherchait à sassurer des soutiens dans sa propre famille. Napo­ léon avait déjà choisi dans la sienne lépouse de Ferdinand : cétait lafille aînée de Lucien quil lui destinait. Ferdinand expédia aussi unecommission de commandant général des troupes au duc de lInfantado,dans lespoir que la réponse de Napoléon lui serait favorable et lui per-mettrait daccomplir dans le palais la révolution quil projetait. Mais leprince de la Paix, ayant recueilli assez de preuves sur la conjuration ,la dénonça au roi, en lui faisant entendre ç«e son abdication, et peut-êtresa mort, avaient été résolues par les conspirateurs. La reine Marie-Louisesoutint de tout son crédit sur le roi la dénonciation du favori. Déjà pré-venu contre Ferdinand, Charles IY suivit la marche qui lui fut tracée,et qui avait été calculée de manière à empêcher le prince royal davoirun entretien particulier avec son père. En effet, le roi fit comparaîtreson fils en présence de ses ministres dans son appartement, ly con-stitua prisonnier et lui donna des gardes. On procéda sous les yeux dumonarque à lexamen des papiers du prince ; on y trouva la copie desa lettre à Napoléon , le brevet du duc de lInfantado , quelques listesdes partisans de Ferdinand, ainsi que deux mémoires écrits de sa main,dans lun desquels il priait le roi dordonner une enquête devant luisur les actions et la fortune de Godoy ; lautre présentait au roi lesmoyens de découvrir les projets du favori. Assurément lhéritier de la