Band 
Tome second.
Seite
9
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NAPOLÉON. 1807. »

couronne avait bien le droit dadresser à son père de respectueuses re-montrances sur les périls que Godoy faisait courir à la monarchie. Le29 octobre , Charles écrivit à lEmpereur :

. « Monsieur mon frère ,

« Dans les moments je ne moccupais que des moyens de coopé-rer à la destruction de notre ennemi commun (de lAngleterre), quandje croyais que tous les complots de la ci-devant reine de Naples au-raient été ensevelis avec sa fdle (première femme de Ferdinand), jevois, avec une horreur qui me fait frémir, que lesprit dintrigue leplus horrible a pénétré jusque dans le sein de mon palais. Hélas! moncœur saigne en faisant le récit dun attentat si affreux, Mon fds aîné,lhéritier présomptif de mon trône, avait formé le complot horrible deme détrôner : il sétait porté jusquà lexcès dattenter contre la vie desa mère. Un attentat si affreux doit être puni avec la rigueur la plusexemplaire des lois. La loi qui lappelait à la succession doit être ré-voquée. Un de ses frères sera plus digne de le remplacer et dans moncœur et sur le trône. Je suis en ce moment à la recherche de ses com-plices, pour approfondir ce plan de la plus noire scélératesse, et je neveux pas perdre un seul moment pour en instruire V. M. I. et R., enla priant de maider de ses lumières et de ses conseils. »

Cependant lattitude de M. de Beauharnais rassurait les amis duprince; ils étaient alors fondés à croire que Napoléon autorisait la con-duite de son ambassadeur. Enfin, on fut si loin de désespérer, malgré1 acte de rigueur exercé sur Ferdinand, que lon attendait de Napoléon une déclaration foudroyante par laquelle Charles IY serait forcé de ren-voyer le prince de la Paix. Mais, comme on la vu, si le favori se pressade se venger, Ferdinand se pressa bien plus de tout avouer, et, vingt-quatre heures après, il sétait mis à la discrétion de son ennemi. Quel-ques personnes pensent que ce prince eut peur de léchafaud, et quilse tr °uva réduit à choisir entre la honte de devoir sa grâce à Godoy et® danger dêtre jugé pour crime de trahison envers son roi et son père.

au aux conspirateurs quil avait dénoncés, ils furent tous reconnusinnocents par le conseil de Castille, dont Godoy dirigea lopinion. LEm-peieur engagea le roi à assoupir cette affaire, et ne répondit point à laettre de Ferdinand. Toutefois il était désiré et attendu par lEspagne