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Tome second.
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HISTOIRE DE NAPOLEON . — 4807.entière. On assure qu’un personnage très-influent de son ministère luiconseilla d’entrer dans ce royaume avec trente mille hommes. Le con-seil était bon sans les trente mille hommes; Napoléon , arbitre, suffi-sait : il eût sauvé l’Espagne ; il eût réglé tous les différends de cettecour. Le Portugal touchait au moment d etre conquis, le traité de Fon-tainebleau aurait reçu son exécution ; Godoy serait allé régner dans sesAlgarves : alors la Péninsule espagnole et portugaise , réunie commeune vaste redoute maritime sous le pavillon français, formait, non laconquête, mais l’autre grand fief méridional de la France , qui, déjàappuyée sur la péninsule italique, eût à jamais défié les orages du Nord.

Napoléon (on ne peut l’en blâmer) ne voulait point se mêler d’uneaffaire de famille aussi grave. Il était loin de croire que, peu de moisaprès, Àranjuez deviendrait le théâtre des représailles de l’Escurial. Onne lui donna pas des renseignements exacts sur la situation de l’Espa-gne : il ne sut pas qu’il eût été accueiüi en hbérateur par les habitants ;il n’avait pas besoin de son armée ; tout le peuple espagnol , irrité con-tre l’Angleterre, appelait au secours de sa destinée le plus redoutableennemi de cette puissance.

Si Napoléon eut raison de refuser la proposition de son ministre, ilcommit une faute en n’allant pas de sa personne, non à Bayonne , maisà Madrid , où il aurait vu le roi, tous les siens, la cour et l’état à sespieds.

Cependant le favori triomphait; il s’imagina avoir perdu Ferdinanddans l’esprit de la nation ; il ne fit que s’assurer de nouveaux droits àla haine des Espagnols; il ne parvint qu’à avilir la famille et la majestéroyales ; il ne comprit pas que la souveraineté des Algarves payait letraité de Fontainebleau , comme les quinze mille hommes du marquisde la Romana, qui étaient actuellement dans l’année de Bernadotte ,avaient payé la proclamation du mois d’octobre 1806. Informé du suc-cès de la négociation de Fontainebleau , par son affidé Isquierdo, ilcrut pouvoir attaquer ouvertement l’héritier du trône, et il compromit,pour satisfaire sa vengeance, l’existence de la monarchie et la sienne.Enfin Godoy s’aveugla au point de penser que l’intérêt de Napoléon de-mandait son élévation, tandis qu’il n’était pour ce prince que l’instru-ment momentané du système qui fermait l’Europe aux Anglais .

Le 13 novembre, le Moniteur publia un article sur l’Angleterre, oùon lit : « Le prince régent du Portugal perd son trône : il le perd, in-